"Mes chansons capturent souvent la peur du temps qui passe" : rencontre avec James Blunt à l'occasion de la sortie d'un album presque best of

James Blunt est un auteur, compositeur, interprète, guitariste et comédien britannique. Sa voix de ténor est reconnaissable dès les premières paroles de ses chansons. Destiné dans un premier temps, à être militaire comme ses aïeux et son père, la chanson lui a offert une belle carrière, loin des scènes de guerre.

C’est au Kosovo qu’il a signé le titre No Bravery, titre présent sur son premier album Back to Bedlam, qui, en 2004, l’a propulsé sur le devant de la scène. Encore aujourd’hui, il est l’un des dix albums les plus vendus de la décennie, avec notamment You are beautiful.

franceinfo : À ce jour, vous avez vendu 23 millions d’albums et de singles en 17 ans de carrière. Pour célébrer ce parcours, vous sortez lundi 22 novembre un album un peu best of The stars beneath my feet. Il regroupe vos chansons de 2004 à 2021, soit 30 titres, des tubes, mais aussi quatre inédits et des live. Il représente quoi ce disque, finalement pour vous ?

James Blunt : J’ai été sur la route pendant 17 ans et je n’ai jamais arrêté. Ça fait six albums que c’est le cas jusqu’à la pandémie qui a été un moment vraiment incroyable. On rentre à la maison avec le groupe, l’équipe, les camions. J’ai pu m’arrêter et réfléchir au chemin parcouru. Je me suis dit : que c’était vraiment un moment parfait pour choisir mes chansons préférées. Cet album, The stars beneath my feet, ce sont les choix des meilleurs moments de mes 17 ans de carrière.

Ce n’est pas un hasard si justement No bravery est un live qui a eu lieu à Londres. Cette chanson est le point de départ. Vous imaginiez à ce moment-là que la chanson pouvait faire partie de votre vie ?

Je savais qu’il y avait une intensité dans beaucoup de chansons de cet album Back to Bedlam. C’est un album vraiment cru, sans qu’on imagine qu’il puisse y avoir un public, alors les gens peuvent entendre qu’elles sont très honnêtes.

À 7 ans, vous commencez le violon et le piano. La guitare électrique à 14 ans. Vous saviez déjà quand même que la musique était l’un des éléments qui constituent votre ADN ?

Oui, absolument. C’est à 14 ans que j’ai vu quelqu’un jouer de la guitare électrique. Il m’a montré des accords. J’ai commencé à mettre de l’argent de côté pour acheter cette guitare. C’est à cet âge qu’on découvre véritablement sa propre identité.

« Je suis Anglais, et les Anglais n’ont pas d’émotions. »

à franceinfo

J’étais dans un pensionnat. Je dormais là-bas puisque mes parents étaient dans un autre pays. Toutes ces émotions doivent être extraites de nous, de force presque, et malgré tout, j’ai trouvé que j’arrivais à capturer des émotions et mon sens de l’identité au travers de la musique. J’ai réalisé que c’est ce que je voulais faire quand je serais plus vieux dans la vie.

En 2009, vous êtes devenu le premier Britannique après Elton John, 9 ans plus tôt, à vous emparer de la première place des ventes aux États-Unis. Est-ce que par moment, vous avez perdu pied ?

Jamais. Je n’aurais jamais pu imaginer ça. Je crois que même quand You are beautiful a été numéro 1, ça a été une surprise. Je pensais que numéro 2, ce serait pas mal et que je pourrais marcher dans les rues normalement. Mais quand vous êtes numéro 1, la manière dont le monde vous regarde change et ça, ça a été une grosse surprise.

Cette chanson a été un poids ?

Non, je l’adore. Chaque musicien veut un énorme tube comme ça. J’ai eu la chance de l’avoir dès le début de ma carrière donc, j’ai été libre immédiatement. Pensez aux Rolling Stones, ils cherchent toujours leur premier gros tube. Et c’est pour ça que Mick Jagger est aussi stressé ! Moi, je peux juste me relaxer et en profiter.

Quand on sort un album comme celui-ci avec 30 titres qui représentent vraiment qui on est, est-ce qu’on est un peu nostalgique ?

Définitivement nostalgique, oui. Je crois que la manière avec laquelle j’écris des chansons est nostalgique. Mes chansons capturent souvent la peur du temps qui passe.

« Revenir en arrière et réécouter ces chansons, c’est définitivement nostalgique, mais, la beauté est dans la nostalgie et je profite de chaque minute de nostalgie. »

à franceinfo

Est-ce que vous êtes fier de ce parcours ?

Je me sens très reconnaissant et très chanceux. Ma carrière a commencé en France et je crois que les Français sont très ouverts aux auteurs-compositeurs. Ils comprennent le courage que cela prend d’être sur scène et de vous révéler complètement, d’exposer vos pensées, vos défauts, vos faiblesses, vos imperfections. Les Français ont été très ouverts à tout ça et j’en suis très reconnaissant.

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