« Moi, je voulais juste un disque d’or, à la base », confie Naps

  • Ce vendredi, le rappeur marseillais Naps donne son premier concert au Dôme, quelques jours après la sortie de son nouvel album, La TN.
  • A cette occasion, l’artiste s’est rendu dans les quartiers nord de Marseille, à la rencontre de son public.
  • L’interprète de La Kiffance ​revient pour 20 Minutes sur sa carrière, et notamment le succès fulgurant qu’il connaît depuis plusieurs mois.

Ses titres explosent les records, avec des chiffres qui donnent le tournis. Un an après sa sortie, le clip officiel de La Kiffance culmine aujourd’hui 141 millions de vues sur YouTube. Pour son second tube, Best Life, avec Gims, même carton, avec 85 millions de vues au compteur en huit mois. L’année 2021 a été celle de Naps, qui a connu un succès fulgurant. Ce vendredi, le rappeur s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa carrière : celle de faire son premier concert au Dôme, chez lui, à Marseille.

Et pour cela, Naps a décidé de marquer le coup, et pas n’importe où. Ce mercredi le rappeur s’est rendu à La Castellane, dans le 16e arrondissement, juste avant les répétitions de son concert, pour une séance de dédicaces de son nouvel album fraîchement sorti, La TN, au cœur de ce quartier qui lui est cher. Entre deux Capri-Sun, posé sur la table d’un local associatif de la cité qui l’attend avec impatience, Naps revient pour 20 Minutes sur ce tourbillon dans lequel il est pris… et qu’il a tant voulu.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant votre concert au Dôme ?

C’est mon premier Dôme. Mais ça va, pour l’instant, je ne suis pas stressé. En même temps, ça fait longtemps que j’attendais le Dôme. Je ne ressens pas encore le trac. Mais peut-être le jour même. Je ne sais pas. En tout cas, c’est un rêve qui se réalise. J’étais au collège juste à côté du Dôme. Je passais tous les jours devant. Jamais, je m’étais dit qu’un jour, j’allais faire un Dôme. Je suis déjà monté récemment, en guest, avec Gims. C’était quelque chose. Après, c’était pas comme si c’était le mien ! Je me rappelle aussi être allé voir deux fois les Psy 4 de la Rime quand j’étais plus jeune, en tant que spectateur. Je ne les connaissais même pas à l’époque. Je me languis de ce concert.

On imagine que des surprises sont prévues…

Il va y avoir des invités, mais je peux pas dire tous les invités. Je peux juste dire qu’il va y avoir de belles surprises ! Des featuring, des guests… Et une grosse ambiance !

L’année dernière, vous avez enchaîné les tubes, notamment « La Kiffance ». Est-ce que vous réalisez le succès qui vous arrive ?

Pas vraiment. Je le réalise par rapport à l’engouement. Je suis invité sur les plateaux TV maintenant. C’était pas le cas avant ! Ça a pris une ampleur tellement populaire que ça m’a dépassé. Je le voyais comme un tube, mais pas comme un gros tube comme ça. C’est incroyable. Ça y est, il m’appartient plus, le morceau. Il appartient à la France, j’ai envie de dire. Et même à plus, parce qu’il a dépassé les frontières.

La sortie d’un nouvel album après cette série de tubes ne met-elle pas une pression supplémentaire ?

Chaque album, tu as une pression. Le succès, ça veut rien dire. On peut t’écouter parce qu’on te connaît, mais si l’album est pas bon, on va pas te réécouter. Il y a aussi une pression, parce qu’on est des challengers. On veut faire des scores. On veut faire des chiffres. On veut être dans le top. C’est normal. Après, il reste une pression de faire moins bien que le précédent album. Mais, la vie, c’est comme ça. C’est des vagues.

Malgré le succès, vous restez très attaché à Marseille…

Comme je dis dans un morceau : « Normalement, à cette heure-ci, je suis à Miami ». Mais j’aime trop mes habitudes. J’aime trop Marseille. J’aime trop le quartier. C’est là où je me ressource, en vrai. Partir en voyage, OK. Mais je crois pas que je suis prêt à partir de Marseille. Je me sens bien. J’ai pas dit que je partirais jamais. Mais, pour l’instant, ça va. A la limite, peut-être à l’extérieur. Mais toujours à côté.

D’ailleurs, pourquoi avoir décidé de venir à La Castellane ?

La Castellane, c’est comme mon deuxième quartier. En tant qu’artiste, j’ai signé chez 13e Art, et la plupart sont de La Castellane. Et aujourd’hui, on travaille toujours ensemble. J’ai mon label mais on est toujours associé. Ca faisait longtemps que je voulais revenir à La Castellane. C’est un quartier qui me soutient toujours, depuis le début. Et je leur dois ça. Un million d’albums vendu, mais tout est parti du quartier. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient et être reconnaissant. Je voulais aussi fêter le million avec eux. Et je veux leur dire aussi que tout est possible. Moi, j’étais comme les petits d’ici. J’espère que ça va leur donner de l’espoir. On peut partir de rien et faire quelque chose de sa vie. Peu importe d’où on vient, peu importe le domaine, il faut se donner à fond et on peut réussir. Il ne faut pas se mettre de barrières. C’est ça le truc.

N’y a-t-il pas une part de chance aussi ?

Je sais pas si ça existe, la chance. Comme dit Jamel : « Tu as pas de chance, alors saisis là ! » (rires). Il faut la créer, la chance. C’est toi, la chance. Je pense que si tu donnes vraiment les moyens, tu peux faire ce que tu veux. Ca ne tient qu’à toi, en fait. Et après, c’est le public qui valide ou pas. Tu peux rapper avec Michael Jackson, tu le refais renaître, ça veut pas dire que tu vas percer (rires). C’est surtout toi. Moi, j’ai atteint plus que mon rêve. Moi, je voulais juste un disque d’or, à la base. Et aujourd’hui, un million d’albums plus tard, même moi, je me dis que ce qui m’arrive, c’est que du plus.

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