Musique. « Mais je t’aime »… dit Grand Corps aux femmes

Avec un 7e album au son plus électro, le slameur propose des duos avec des femmes pour des chansons qui les racontent et leur rend hommage. Brillant.

On reconnaît aussi un grand artiste à la faculté qu’il a de s’entourer, de fédérer, d’initier. En 2015, Fabien Marsaud, dit Grand Corps Malade, demande à onze artistes de rédiger un texte à partir de la phrase « Il nous restera ça ». Renaud accepte, retrouve le goût d’écrire, ce qui l’amène à enregistrer un nouveau disque.

Cinq ans après, Grand Corps Malade fait chanter Camille Lellouche, surtout connue comme humoriste et comédienne. Leur duo, Mais je t’aime, est l’un des tubes de l’été. Le clip dépasse les vingt-sept millions de vues sur YouTube…

Non seulement la chanson est magnifique, mais elle révèle une splendide voix, éraillée, gorgée d’émotion. « Je savais que Camille chantait divinement bien et qu’elle avait un projet d’album qui va peut-être s’accélérer. Quand j’ai pensé à un duo avec elle, elle m’a dit qu’elle avait des bouts de textes et elle s’est mise au piano pour me jouer sa petite valse. J’ai été emballé. J’ai écrit ma partie pour répondre à ses couplets. Et voilà… »

Voilà comment Camille Lellouche a fait une entrée remarquée dans le monde de la chanson.

Privilégier le dialogue

« Pour cet album, je voulais uniquement des duos avec des femmes, leur parler, les entendre, les mettre à l’honneur », souligne Grand Corps. Avec un premier titre, Mesdames, en guise de présentation : « Une déclaration d’amour pas si naïve que ça, parce qu’il y a des inégalités acceptées depuis trop longtemps et qu’il faut que ça change. Je force peut-être le trait mais elles le méritent. Elles sont bien plus subtiles, plus élégantes. »

Pour choisir ses invitées, Grand Corps a fonctionné au coup de cœur, prenant soin de mélanger les genres, les générations, les stars et les inconnues. Après, il a privilégié le dialogue pour écrire seul ou avec elles.

Pendant les deux heures passées avec Louane, celle-ci lui a raconté son adolescence, les drames traversés, avec, à chaque fois, la musique pour l’aider à se relever. C’est sur ce thème qu’il a écrit Derrière le brouillard, une chanson émouvante, en croisant son propre parcours avec celui de la jeune femme.

En discutant avec Véronique Sanson, lui est venu l’idée d’écrire sur les grandes sœurs. Tous deux en ont une, dont ils sont proches. Bien senti là aussi.

La chanteuse Suzane lui a glissé l’idée, pour Pendant 24 h, de se mettre dans la peau d’une fille et elle d’un garçon. Un titre mi-sérieux, mi-clin d’œil. Avec les sœurs Berthollet, sa voix grave rencontre les cordes des deux musiciennes classiques. Avec l’actrice Laura Smet, il invente un dialogue très cinématographique sur une rencontre avortée.

En jeunes invitées, on découvre la chanteuse Alicia et la slameuse Manon. Mais aussi la mystérieuse Amuse bouche et sa voix samplée évoquant les chanteuses de l’avant-guerre. Une chanson étonnante en attendant un album.

Les onze titres sont habillés de la patte de Mosimann, DJ internationalement connu qui a, pour l’occasion, ralenti son côté club « hip-hop-électro » pour des musiques moins rythmiques, plus mélodieuses, complétant la réussite de Mesdames.

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