Pourquoi les diamants ne pourront plus échapper à la question de la traçabilité en 2022

La joaillerie et sa pierre star sont désormais passées au crible par une clientèle qui fait de l’engagement environnemental sa priorité. Alors comment unifier le discours des marques pour garantir au consommateur toutes les clés de lecture ? Le point sur le débat avec David Kellie, PDG du Natural Diamond Council.

Il aura fallu plus de vingt ans au secteur de la joaillerie pour affronter l’épineuse question de la provenance des diamants et des conséquences de l’extraction minière sur les populations environnantes. Une mutation que certains trouveront sûrement longue, mais qui s’est pourtant produite à la vitesse de l’éclair quand on considère la multitude d’acteurs engagés d’un bout à l’autre de la chaîne.

Les rassembler sous une même bannière, vérifier que chacun respecte la charte et qu’il ne subsiste plus aucune zone d’ombre pour celui ou celle qui s’offrira cet éclat de rêve, c’est justement la périlleuse mission du Natural Diamond Council. Et celle de son PDG, David Kellie, qui a fait de la transparence son cheval de bataille : «Posez moi toutes les questions, mêmes les plus difficiles. Je peux parler de tous les sujets. Tout n’est pas facile à expliquer bien sûr mais c’est en leur faisant face que l’on crée la confiance».

Diamants éternels

David Kellie, CEO du Natural Diamond Council.

Un discours qui pourrait sembler délicat face aux nombreuses maisons en vue qui prennent désormais la parole sur le sujet (si Pomellato ou Tiffany ont été les pionnières sur le sujet, Cartier ou Bulgari font aussi désormais entendre leur voix). Mais c’est là tout l’avantage du NDC qui rassemble plus de 75% des producteurs de diamant, permettant à cette entité de parler avec autorité et clarté. «Le plus difficile pour nous a été de savoir qui et ce que nous étions. Problème que ne rencontrent pas une marque ou un designer qui n’ont qu’à dérouler leur produit et parcours, poursuit-il. C’est pourquoi nous sommes devenus le porte-parole de leurs histoires. Et notre regard englobe aussi bien la production que le retail, on fait le diagnostic complet du secteur.» Ces success-stories, le groupe les décline aussi bien en papier, avec un premier livre publié aux éditions Assouline, qu’en digital avec un site cumulant plus de 120 millions de visites par an.

La campagne du NDC avec Ana de Armas.

La grande chance du Natural Diamond Council repose justement sur cette volonté qu’ont les acteurs du diamant à vouloir travailler ensemble. Une démarche que ne connaît pas et ne connaîtra pas immédiatement le monde des pierres de couleur. Beaucoup plus fragmenté, peu industrialisé, il est ainsi plus compliqué à réguler. À moins que la nouvelle mue du diamant de mine ne les pousse à accélérer la leur. Affaire à suivre.

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