REPORTAGE. À La Rochelle, des Francofolies (presque) comme avant

Du monde et plein d’excellents concerts. Malgré les contraintes, le festival de la chanson française, qui se termine ce soir, a renoué avec la fête.

Nous n’aurions jamais cru que, cet été, certains festivals auraient pu ressembler autant à ce qu’ils étaient avant le Covid… Cela est pourtant le cas aux Francofolies, qui s’achèvent ce soir.

Il est vrai que le festival rochelais a l’avantage de programmer quasi exclusivement la scène francophone. Peu importe si les artistes étrangers – qui manquent à bien des festivals – ne tournent pas.

Certes, l’esplanade Saint-Jean-d’Acre, qui peut accueillir plus de 10 000 spectateurs en temps normal, est restée limitée à 5 000 personnes. Mais les trois principales salles du festival étaient ouvertes et, en tout, pas moins de 75 artistes programmés.

Surtout, les Francos ont presque fait le plein, avec des salles complètes et 4 à 5 000 festivaliers chaque soir sur l’esplanade, des applaudissements, des sourires, des artistes qui remercient le public d’être là et les rues de La Rochelle noires de monde.

Pass sanitaire et masque

Pour assister aux concerts, il fallait le pass sanitaire, ou le masque dans les salles, ce qui n’a pas stoppé l’envie de musique et de partage. D’autant que les bons moments n’ont pas manqué.

En ouverture, samedi, le jeune Bruxellois Noé Preszow a confirmé le bien que l’on pensait de lui à l’écoute de son premier album. Textes profonds, mélodies soignées pour une prestation plus rock que sur disque. Il y a du Lavilliers chez ce garçon.

Sur la grande scène également, le Franco-rwandais Gaël Faye – dont il faut écouter le dernier album Lundi méchant – a aussi réjoui avec ses textes réalistes sur le monde d’aujourd’hui, sur des musiques délicieusement chaloupées…

« Des gens beaux »

Grand corps malade a su varier entre moments doux et aspirations électro. Plusieurs de ses invitées présentes, en duo, sur son récent album Mesdames étaient là par écran interposé. Jolis clins d’œil.

Le slameur, qui n’est pas le dernier à réagir à l’actualité, a présenté, en final, un tout nouveau titre, Des gens beaux, en réaction aux propos navrants d’un chroniqueur musical sur le physique de la chanteuse Hoshi. Une chanson electro aux allures de tube, dont le gimmick évoque le Alors on danse, de Stromae.

Déception par contre pour Vitaa et Slimane, devant un public moins nombreux. On a cherché le naturel dans leur spectacle. On ne l’a pas trouvé. À leur décharge, le show est encore neuf.

Salvatore Adamo aussi faisait son grand retour sur scène après plus d’un an sans spectacle. Toujours plein de bienveillance, l’un des patriarches de la chanson francophone a mélangé tubes éternels et titres plus récents, reflets d’une actualité proche, sur des arrangements particulièrement soignés.

Miossec, Ben Mazué, Yelle, Tim Dup, Birds on a Wire, Magenta, Jean-Louis Aubert, Francis Cabrel… ont également reçu des applaudissements nourris et mérités pour leurs prestations. Mais la plus bluffante a été la chanteuse d’origine comorienne Imany.

Toute de rouge vêtue, elle reprend, de sa fascinante voix grave, de grandes chansons qu’elle a toujours aimées (Elton John, Madonna, Radiohead…) juste accompagnée de… huit violoncelles dans autant de tableaux animés que de titres. Un grand moment des Francos.

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