Retraite : travailler un mois de plus, ça peut rapporter gros

La quille approche ? Même si vous disposez de la totalité des trimestres requis à une date précise, patienter trente à soixante jours de plus peut valoir la peine.

Restez informée

Des règles de calcul spécifiques

L’année du départ en retraite, seuls les trimestres civils entièrement travaillés sont validés (pour les années précédentes, c’est le montant des salaires soumis à cotisations qui détermine le nombre de trimestres comptabilisés). On a donc toujours intérêt à s’arrêter le premier jour d’un trimestre : 1er janvier, 1er avril, etc. Si vous avez choisi une autre date, travailler quelques semaines de plus vous permettra de valider un trimestre supplémentaire. Autre paramètre ? Pour les salariés, les commerçants, les artisans ou les salariés agricoles, l’année du départ n’est pas incluse dans les vingt-cinq meilleures qui servent de base au calcul de la pension. Si votre dernière année est bonne, vous avez donc intérêt à partir le 1er janvier ou le 1er avril suivant. Enfin, tenez compte des impôts : si vous percevez en début d’année votre solde de tout compte et indemnités de départ, ils seront imposés à taux plus faible puisqu’une fois en retraite, vos revenus baissent. Avec une dernière fiche de paie de 8 000 € (salaire, prime de départ et solde de tout compte), on économise ainsi 1 520 € d’impôt si la tranche d’imposition chute de 30 à 11% !

Un cas pratique pour comprendre

Véronique gagnait 48 000 euros brut par an et comptait lever le pied avec le taux plein le 1er décembre 2019, à 62 ans. “Nous lui avons conseillé de décaler son départ au 1er janvier 2020. Grâce au trimestre supplémentaire et à l’année 2019 prise en compte dans ses vingt-cinq meilleures années, elle perçoit 1 461 mensuels de pension de base au lieu de 1 438 , illustre Dominique Prévert, du cabinet de conseil Optimaretraite. “En complément, elle a aussi engrangé 14,54 points Agirc-Arrco, ce qui porte son gain total à 24,50 par mois. Avec une espérance de vie de vingt-six ans à 62 ans, son gain est estimé à 7 644 de plus que si elle s’était arrêtée un mois plus tôt.” Par ailleurs, en décembre 2019, Véronique a perçu son salaire et non sa retraite, soit 1 280 € supplémentaires (3 200 € de salaire net au lieu de 1 920 € de retraite nette). Alors, on temporise ?

L’avis de l’expert

“Rester en activité quelques semaines de plus peut aussi atténuer l’impact du nouveau malus temporaire Agirc-Arrco : depuis 2019, la complémentaire est minorée de 10 % pendant trois ans si on part dès qu’on a le taux plein, sauf pour ceux qui repoussent leur départ d’au moins un an. Soit 3 600 en moins sur trois ans pour une complémentaire de 1 000 !”

Merci à Dominique Prévert, associé chez Optimaretraite.

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