Sclérose en plaques : 4 bons réflexes pour faire reculer la maladie

Alimentation, activité physique, vitamine D, il est aujourd’hui prouvé que certains bons réflexes à prendre au quotidien permettent à la fois de diminuer les risques d’apparition de la sclérose en plaques et aussi de freiner sa progression une fois qu’elle est diagnostiquée. Les conseils du Pr Vermersch, professeur de neurologie.

Restez informée

Cette maladie auto-immune, qui touche près de 110 000 personnes, fait peur. “Si la sclérose en plaques a longtemps eu l’image d’une maladie qui conduit au fauteuil roulant, c’est de moins en moins vrai“, assure le Pr Patrick Vermersch (*), professeur de neurologie. “Même si des formes graves qui résistent au traitement persistent, on peut stopper la maladie, surtout quand on a un traitement optimisé et une prise en charge précoce“, assure le spécialiste. C’est surtout dans les formes à poussée (60% des cas) que les progrès ont été les plus notables. Si la maladie a une certaine susceptibilité génétique, l’environnement contribue aussi à l’apparition et à la progression de la maladie. Aujourd’hui, de nouvelles données montrent que des principes simples d’hygiène de vie peuvent modifier réellement à la fois le risque d’apparition de la maladie mais aussi son risque évolutif. Le Pr Patrick Vermersch, professeur de neurologie, nous fait partager ces dernières avancées.

Pratiquer une activité physique

Il y a 25 ans, quand une personne atteinte de sclérose en plaques se plaignait d’être fatiguée, on lui conseillait de se reposer davantage. Et quand on la revoyait au bout de 3 à 6 mois, c’était encore pire“, se souvient le neurologue. Aujourd’hui, grâce à l’imagerie médicale, on sait désormais que l’activité physique adaptée permet d’améliorer les connections dans le cerveau. “Même s’il y a des lésions, le cerveau est capable de réparer certaines choses“, explique le Pr Patrick Vermersch. “L’IRM nous a appris que les zones saines pouvaient compenser les zones malades. C’est une véritable révolution en neurosciences. Désormais dans les schémas thérapeutiques, on développe la rééducation et le sport adapté. ” Marche, même à pas lent, gymnastique, étirements, yoga, sports de précision (tir à l’arc), natation, vélo d’appartement, aquabike, tous les sports contribuent à faire des progrès. “Avant, les malades étaient envoyés en rééducation quand ils étaient fortement handicapés“, raconte le spécialiste. “Aujourd’hui, on y envoie aussi les patients qui vont plutôt bien car cette prise en charge limite les conséquences de lésions en permettant une meilleure compensation des zones malades dans le cerveau.” A chacun de trouver ses propres limites. En cas de fatigue importante, il convient d’adapter la prise en charge. “Si un patient se sent trop faible, on peut tenter d’améliorer son sommeil, par exemple en traitant la douleur ou encore les troubles urinaires s’il est obligé de se lever régulièrement la nuit“, précise le neurologue.

Faire une cure de vitamine D

On a remarqué que chez les personnes carencées en vitamine D, la maladie était plus active et plus sévère“, note le neurologue. “Sur les IRM, le taux d’atrophie du cerveau est supérieur par exemple. Et c’est le cas dans toutes les populations et pour toutes les tranches d’âge“. Au regard de ces études, tous les patients sont systématiquement supplémentés en vitamine D.

Arrêter de fumer

Le tabagisme est un facteur de risque formellement démontré“, explique le Pr Patrick Vermersch. Arrêter de fumer n’est jamais trop tard car cela permet de contrer aussi la progression de la maladie. “On fait passer le message aussi aux descendants. Comme il y a un léger sur-risque pour la génération suivante, on prévient : “dites à vos enfants de ne pas fumer”. Dans les maladies auto-immunes, le déterminisme immunologique est sans doute précoce. C’est chez l’enfant et l’adolescent que tout se joue. Le tabagisme avant 20 ans, c’est une catastrophe !“, ajoute le spécialiste.

Soigner son alimentation

Aucun régime n’a fait la preuve de bénéfices sur l’apparition ou l’évolution de la sclérose en plaques. Cette maladie augmente en incidence et en prévalence dans toutes les zones du monde. Et ce quel que soit le régime, méditerranéen, asiatique, végétarien, végétalien… En revanche, c’est prouvé, la malbouffe a une incidence sur la pathologie. “Manger trop gras, trop salé, trop sucré, contribue à la sévérité de la maladie“, prévient le neurologue. Attention à ne pas tomber dans un cercle vicieux. “Le malade avec un handicap dépense moins de calories et peut prendre du poids si son alimentation ne change pas. Or plus il grossit, moins il fait de sport, plus il a des difficultés à se mettre à l’effort physique“. C’est pourquoi des approches pluridisciplinaires, avec une consultation d’un diététicien-nutritionniste, peuvent aider à adapter son alimentation. “L’obésité favorise aussi l’inflammation“, continue le Pr Patrick Vermersch. “Les adipocytes des cellules graisseuses synthétisent un certain nombre de leptines. Ces leptines sont des cytokines pro-inflammatoires, elles stimulent le système immunitaire de façon non spécifique et malheureusement les lymphocytes impactés dans la sclérose en plaques.

(*) vice-président de l’Université de Lille pour la recherche en santé, président du comité de pilotage de PARC SEP

A suivre la communauté Boxons la SEP

A lire aussi :

⋙ Témoignage : “Atteinte d’une sclérose en plaques, je suis devenue maman”

⋙ Sclérose en plaques : quels sont les traitements ?

⋙ Sclérose en plaques : les symptômes qui doivent amener à consulter

Source: Lire L’Article Complet