« Sort Of » ou le portrait d’une nounou d’enfer non-binaire

  • La série canadienne Sort of, diffusée ce dimanche à 23h05 sur Téva, suit les aventures de Sabi, une personne non-binaire d’origine pakistanaise.
  • Sabi travaille la nuit dans un bar queer et le jour comme nounou.
  • Une histoire de passage à l’adulte âge où Sabi tente de « définir qui iel est vraiment et de s’épanouir », résume le cocréateur de la série Bilal Baig, à Séries Mania.

Une dramédie hilarante, touchante et intelligente ! La série canadienne Sort of, diffusée ce dimanche à 23h05 sur Téva et disponible en intégralité sur 6play, suit l’irrésistible quête existentielle de Sabi, jeune personne installée à Toronto, tentant de trouver l’équilibre entre son identité
non-binaire, sa position d’enfant d’immigrés pakistanais, son job derrière le comptoir d’un bar LGBTQ+ et son rôle de nounou dans une famille de hipsters.

Une histoire de passage à l’adulte où Sabi tente de « définir qui iel est vraiment et de s’épanouir », résume le dramaturge Bilal Baig, co-créateur et interprète principal de cette merveille d’humanité en 8×30 minutes, présentée dans la section Panorama international lors de la dernière édition du festival Séries Mania.

« Le personnage principal ne se tourmente pas pour autant sur son genre ou son héritage culturel. Cela fait simplement partie du personnage. Iel a bien d’autres sujets de préoccupation : ses relations avec sa mère, sa carrière, ses relations sentimentales, celles avec ses amis », explique Bilal Baig. Un quotidien joyeusement bordélique où se croisent un ex infidèle cis (c’est-à-dire non trans), une mère control freak à qui Sabi cache bien des choses ou encore une meilleure amie (Amanda Cordner) qui veut déménager à Berlin, la capitale queer par excellence.

Une nounou avec une « dimension politique »

« Berlin est vraiment un fantasme. De nombreux amis queers de Toronto n’y ont jamais mis les pieds, mais ont entendu des choses merveilleuses sur cette ville, qui semble être un lieu de libération, où l’on peut être exactement qui l’on est », raconte Bilal Baig.

Hélas, la mère des enfants dont Sabi s’occupe est victime d’un terrible accident de vélo et tombe dans le coma. Sabi renonce à partir pour s’occuper de Violet et Henry. « J’ai été nounou pendant un peu plus d’un an. Je ne pense pas avoir été super, mais j’ai apporté une chose de cette expérience à Sabi, c’est qu’iel voit les enfants comme des personnes qui ont la possibilité de choisir ce qui est le mieux pour eux. Iel ne leur parle pas avec condescendance », commente Bilal Baig.

Et d’ajouter : « Je pense que c’est très fort d’avoir Sabi comme nounou. Il y a une dimension politique à cela, même si ce n’est pas tout à fait l’intention de départ. C’est merveilleux de montrer l’image de quelqu’un comme Sabi dans le rôle de quelqu’un qui prend soin d’enfants et qui les traite vraiment bien. »

Une galerie de personnages « en train de traverser une transition »

Sort of est une série pionnière. Sabi est le premier personnage principal non binaire de l’histoire de la télévision canadienne, tandis que Bilal Baig est la première personne queer et musulmane à jouer dans une série télévisée canadienne tout en se chargeant de l’écriture et de la production.

Sort Of traite de la transition dans tous les domaines de la vie. Avec Fab Filippo, cocréateur de la série, « nous avons commencé par cette idée d’observer tous nos personnages en train de traverser une transition, et cela semble différent pour chaque personne. Notre monde considère certaines transitions comme acceptables, d’autres, plus taboues. Nous voulions donner le même niveau de compassion et d’amour à toutes ces transitions », explique Bilal Baig. Un pari réussi pour cette série tout en délicatesse et en nuances.

20 secondes de contexte

Cet article a été rédigé en respectant les pronoms non-genrés («they/them ») évoqués par Bilal Baig lors de notre rencontre au festival Séries Mania. Nous avons ainsi utilisé le pronom iel.

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