Syndrome de Reye : qu’est ce que cette pathologie rare qui provoque une inflammation du cerveau ?

Le syndrome de Reye se déclare souvent après qu’un enfant ait contracté une infection virale comme une grippe ou une varicelle. Cette pathologie neurologique peut causer des vomissements, des nausées et des convulsions. Dans les cas le plus graves, certains enfants sont plongés dans le coma. On fait le point.

Restez informée

Le syndrome de Reye est une maladie neurologique rare qui entraîne une inflammation et un gonflement du cerveau ainsi qu’un dysfonctionnement des reins. Cette pathologie touche particulièrement les enfants et les adolescents.

L’origine du syndrome de Reye est encore inconnue, mais cette maladie pourrait être causée par la prise d’aspirine utilisée pour soigner une infection virale comme la grippe, la rougeole, la rubéole ou la varicelle. En 1995-1996, des chercheurs français ont démarré une étude afin d’observer le lien entre le syndrome de Reye et l’aspirine. Les scientifiques ont décelé la pathologie chez huit enfants de moins de 15 ans qui consommaient de l’aspirine, mais ils ont estimé que le taux d’incidence était très faible (0,08 cas pour 100.000 enfants).

Quels sont les symptômes du syndrome de Reye ?

Le syndrome de Reye peut se manifester par de la fièvre, des maux de tête, des courbatures, de la fatigue et une perte de tonus. Des symptômes qui sont similaires à ceux d’une infection virale. Cinq à sept jours plus tard, le jeune patient a des vomissements sévères et des nausées. Chez certains enfants, le foie ne fonctionne plus correctement. Des problèmes de coagulation, des saignements ou une stéatose hépatique, une accumulation de graisse dans le foie, peuvent survenir.

En quelques heures ou jours, le malade devient apathique, déconcerté, désorienté voire agité. Cette dégradation de l’état mental est provoquée par la pression intracrânienne. En général, un œdème cérébral se développe chez le patient. Dans les cas le plus graves, des convulsions peuvent apparaître. Le syndrome de Reye peut également entraîner un coma ou le décès du patient.

Comment est posé le diagnostic du syndrome de Reye ?

Le médecin traitant soupçonne cette maladie lorsque l’enfant a des vomissements fréquents ou des changements brutaux d’humeur. Le diagnostic repose sur plusieurs examens et il permet d’exclure d’autres maladies comme les troubles métaboliques héréditaires.

Le patient commence par réaliser des analyses sanguines et une biopsie hépatique, un prélèvement d’une petite partie du foie à l’aide d’une fine aiguille. Une tomodensitométrie ou une imagerie par résonance magnétique sont également préconisées afin de surveiller le cerveau et la boîte crânienne. Dans certains cas, une rachicentèse est effectuée afin de prélever du liquide céphalorachidien.

Lorsque le syndrome de Reye est décelé, le praticien évalue la sévérité de l’affection sur une échelle de I (la moins sévère) à V (le plus sévère). Cette évaluation est basée sur les symptômes du patient et les résultats de ces analyses.

Le risque de décès est en moyenne de 21%. Cependant, il dépend de la sévérité du syndrome de Reye. Pour un enfant en stade I, le taux de mortalité est estimé à moins de 2%. Le risque est plus élevé pour un patient plongé dans un coma profond (stade IV ou V). Il est évalué à 80%. Après la guérison, les formes aiguës du syndrome de Reye engendrent parfois des lésions cérébrales telles qu’un déficit intellectuel, des troubles convulsifs ou une faiblesse musculaire. Une fois guéri, il est rare que l’enfant soit à nouveau atteint par cette maladie.

Syndrome de Reye : quels sont les traitements ?

Pour l’heure, il n’existe pas de traitement permettant de soigner le syndrome de Reye. En général, les enfants sont hospitalisés et placés en unité de soins intensifs. Les équipes médicales peuvent réaliser une intubation trachéale afin de diminuer le gonflement et la pression exercée sur le cerveau. Cette manœuvre médicale permet d’accélérer la fréquence respiratoire (hyperventilation), de réduire les apports de liquides et d’administrer des médicaments au patient. Certains patients ont des saignements fréquents. Pour le traiter, ils reçoivent de la vitamine K ou du plasma frais congelé afin de réguler la coagulation sanguine.

Source : le manuel MSD

Source: Lire L’Article Complet