Tout savoir sur le métier d'apiculteur

Cet éleveur connaît tous les secrets des abeilles. C’est parce qu’il les protège et les comprend qu’il peut travailler avec elles.

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Les apiculteurs tels que nous les connaissons sont nés avec la ruche à cadres mobiles, à la fin du XIXe siècle. Auparavant, et depuis l’Antiquité, ils tentaient de domestiquer les abeilles dans des abris en terre, en paille ou en bois. Celles-ci construisaient leurs rayons à leur guise, fournissant aux hommes un miel et une cire en petite quantité, mais suffisante pour répondre à leurs besoins en sucre. Longtemps, les gens possédant un bout de terre étaient ainsi “cueilleurs de miel”, un peu comme on faisait du pain sans pour autant être boulanger. Tout change avec l’invention du cadre en 1844 par le médecin français Charles Debeauvoys, perfectionné par l’Américain Lorenzo Langstroth. C’est le début de l’apiculture de production. A la manœuvre, des curés et des instituteurs, animateurs d’associations d’apiculteurs, qui vulgarisent l’utilisation de ce matériel révolutionnaire.

Le XXe siècle voit l’apiculture s’organiser

Si elle est encore une activité secondaire pour de nombreux amoureux de la nature, d’autres commencent à tirer un revenu de leurs récoltes. Au nombre de 2.000 dans les années 1930, ces professionnels sont aujourd’hui plus de 60.000, regroupés au sein de l’Union nationale de l’apiculture française, créée en 1945. Tous vivent correctement de leur activité. Mais, depuis les années 1980, ils sont confrontés à la forte mortalité des abeilles : “30% contre 5% autrefois”, chiffre Henri Clément, son président, pointant du doigt les pesticides, les bouleversements climatiques, les frelons asiatiques… Préoccupant quand on sait que les abeilles jouent un rôle majeur dans la pollinisation, nécessaire à l’évolution et à la survie de plus de 80% des espèces végétales.

“Je suis relié à la nature”

Jérôme Foulonneau, apiculteur, responsable production de Famille Mary.

Comment devient-on un bon apiculteur ?

Il faut une dizaine d’années pour apprendre à écouter la nature, ce qui est le fondement même de ce métier ! La floraison décide de quand et où nous devons poser les ruches, tandis que le comportement des abeilles, notamment celui des reines, détermine la façon de les élever.

Quels sont les temps forts de l’année ?

En Pays de la Loire, notre saison commence en mars avec l’ouverture des ruches. Dès lors, et jusqu’à fin août, nous surveillons les prairies pour suivre les floraisons : aubépine et acacia en mai, châtaigniers et ronces en juin… Ensuite, nous y déplaçons nos 750 ruches avant de procéder à la récolte du miel, puis à son extraction des alvéoles.

Combien de récoltes faites-vous ?

Entre cinq et sept par an.

Votre plus grand plaisir ?

C’est quand je rends visite aux colonies le matin, avant le lever du soleil. En pleine nature au milieu des arbres, je n’entends rien d’autre que le chant des oiseaux et le bourdonnement des abeilles. Un moment magique !

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Animo n°6 de mars-avril 2021

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