Une marque à Montpellier fait le pari de remettre le marcel au goût du jour

  • La marque L’esprit des forts vient de lancer une gamme d’élégants marcels qui pourraient bien faire changer d’avis les réfractaires à ce vêtement historique.
  • « On a tous en tête de vieilles photos de personnes en marcel, sur des bicyclettes ou à la plage, lors de l’essor des congés payés, confie Arnaud Esclangon, le créateur de cette ligne. Ce vêtement est lié à un sentiment de liberté. »
  • Pour casser son image ringarde, l’entrepreneur Arnaud Esclangon a souhaité le faire monter en gamme : sa ligne est tricotée, fabriquée en France et écoresponsable.

Décidément, les fringues et les accessoires que l’on pensait démodés pourraient bien avoir le vent en poupe. Après le succès des bobs de Ringart’s et des espadrilles de
Payote, à Perpignan (Pyrénées-Orientales), une autre entreprise d’Occitanie a fait le pari de remettre au goût du jour un vêtement un poil usé : le marcel. La marque de Montpellier (Hérault)
L’esprit des forts vient de lancer une gamme d’élégants débardeurs qui pourraient bien faire changer d’avis les réfractaires.

Avant ce défi, Arnaud Esclangon, son créateur, a travaillé pendant vingt ans à Sanofi. « C’est une très belle entreprise, qui m’a permis de m’épanouir, confie l’entrepreneur montpelliérain. Mais j’en avais fait le tour. Dans une multinationale, on est un maillon de la chaîne. J’avais envie de faire quelque chose qui ait un impact un peu plus direct, sur les choses de la vie. » Pour l’accompagner dans son changement de vie, Arnaud Esclangon a souhaité offrir un nouveau souffle à un « vêtement historique », héritage d’une « culture et d’un savoir-vivre à la française », le marcel. « On a tous en tête de vieilles photos de personnes en marcel, sur des bicyclettes ou à la plage, lors de l’essor des congés payés, confie-t-il. Ce vêtement est lié à un sentiment de liberté. »

« Faire monter en gamme ce vêtement »

Le nom de sa marque, L’esprit des forts, fait d’ailleurs référence aux forts des Halles, dans le Paris du XIXe siècle, qui portaient des débardeurs. Ces manutentionnaires aux muscles saillants, dont la corporation a disparu dans les années 1960, transportaient les denrées alimentaires vendues dans l’ancien marché du centre de la capitale. « L’histoire dit qu’un jour, l’un de ces forts a coupé les manches de son haut, confie Arnaud Esclangon. C’est devenu le premier prototype de marcel. » Un industriel, Marcel Eisenberg, le premier à se lancer dans sa confection, lui a donné son prénom.

Mais si, depuis, il a été popularisé par Freddy Mercury, Marlon Brando, ou Bruce Willis, le marcel a aussi souffert de l’image du beauf en débardeur. « Lorsque nous avons fait des études de marché, avant de lancer la marque, les gens nous ont dit que ce vêtement avait une image un peu vieillotte, ringarde, confie l’entrepreneur. Ce que l’on a fait, c’est faire monter en gamme ce vêtement, en le rendant plus élégant. » D’abord, le marcel de L’esprit des forts est tricoté, et les emmanchures et l’encolure sont côtelées, ce qui l’éloigne du modèle de débardeur que pépé portait à l’usine.

Par ailleurs, Arnaud Esclangon a choisi d’utiliser de la laine mérinos en monofibre, naturelle et biodégradable, et du coton de jean recyclé. « Nos engagements écoresponsables font rentrer le marcel dans le futur, ça le modernise », confie-t-il. Et pas besoin d’être bâti comme John Mc Clane dans Piège de cristal pour porter un débardeur. « Ce que l’on a essayé de faire, c’est de proposer une taille pas trop slim, un peu plus ajustée », confie le Montpelliérain, même si, convient-il, « ce n’est pas un vêtement pour tout le monde non plus ». Les marcels de L’esprit des forts, fabriqués dans le Tarn, sont proposés à partir de 65 euros
sur la boutique de la marque.

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