Voyage en Grèce : zoom sur les trésors de l'Acropole à Athènes

Décrié pour ses nouvelles voies bétonnées, le grand rocher grec n’en reste pas moins un lieu mythique.

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Une colline fortifiée

Un éperon rocheux domine la cité d’Athènes d’environ 150 mètres. Bien avant de devenir un emblème touristique, le plateau coiffant cette acropole, « ville haute », en grec, a été utilisé comme sanctuaire et résidence royale. Au Ve siècle avant J.-C., la démocratie athénienne rayonne sur la Grèce. Sous les ordres de Périclès, le grand stratège grec qui dirige alors cet empire, le tertre se couvre d’édifices consacrés à la déesse Athéna, qui a donné son nom à la cité. Taillées à même la roche ou plaquées sur la paroi, de hautes murailles blanches transforment les lieux en forteresse, où la population se réfugie en cas d’invasion.

Les Propylées, somptueux sas

L’unique rampe d’accès qui mène au sommet de l’acropole passe par les Propylées, « portes de devant ». Les colonnades de ce monument, qui était bien plus étendu à l’origine et possédait même dans une de ses ailes une pinacothèque dotée de fresques sur les batailles grecques, ont été dessinées vers 437 av. J.-C. Elles comprennent des chapiteaux de styles dorique et ionique, symbolisant respectivement le masculin et le féminin. Ce porche marquait le début de la Voie sacrée traversant le complexe religieux de l’Acropole. En deçà s’étendait le monde des humains et, au-delà, celui des dieux. L’allée centrale était réservée aux animaux sacrifiés, les allées latérales aux piétons.

Les cariatides, jolies porteuses

Dernier édifice à avoir été construit sur le site, à la fin du Ve siècle avant JC, le temple de l’Érechthéion se dresse sur les tombeaux d’Érechthée et de Cécrops, rois légendaires d’Athènes. Il était destiné à accueillir les plus anciennes reliques, dont une statue en bois d’Athéna Polias (« protectrice de la cité »). Aujourd’hui, ce monument est célèbre grâce aux six statues de cariatides qui ornent sa façade. Incarnant la pureté et l’avenir, ces jeunes filles aux longues tresses, élégamment drapées de toges, portent une partie du toit sur leur tête. Mais il s’agit, en fait, de moulages, cinq sculptures originales étant conservées au musée de l’Acropole et une sixième à Londres.

Le Parthénon, géant de marbre

Ce temple de près de 70 mètres de long abritait les trésors sacrés d’Athènes. Il a été érigé en une dizaine d’années sous la direction du sculpteur Phidias. Sur le fronton oriental, l’artiste a figuré la naissance d’Athéna, sortie toute armée du crâne de Zeus, et sur l’autre, le concours entre la déesse et son rival Poséidon, dieu de la mer, pour s’approprier la région. Il avait aussi réalisé une immense statue d’Athéna Parthénos (« jeune vierge »), en or et en ivoire… qui aurait été emportée par un empereur romain.

Le temple de la victoire

A droite de l’entrée, un escalier mène au temple dédié à Athéna Nikê, « victorieuse », en grec. Un monument miniature tout en élégance. La chambre unique de cet édifice triomphal a abrité alors une statue d’Athéna aux ailes coupées, reproduction d’une plus ancienne en bois. Cela ne l’a pourtant pas empêchée de se volatiliser !

L’info en +

Haro sur le béton ! Les nouveaux sentiers dallés, construits sur l’Acropole à l’automne 2020, pendant les fermetures forcées dues au Covid, ne font pas l’unanimité. Ils sont intégrés à un projet plus global des autorités, incluant aussi un ascenseur, pour faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite. Mais de nombreuses voix, en Grèce comme à l’étranger, dénoncent le fait qu’elles dénaturent ce site historique, classé à l’Unesco.

Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Voyages n°49 octobre-novembre 2021

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