Le champignon peut-il vraiment remplacer le cuir ?

Utiliser des champignons comme alternative écologique au cuir, voilà le projet de la biodesigner Mariana Dominguez Peñalva, fondatrice de Fungus Sapiens.

Matière du futur

Cactus, ananas, pomme ou encore raisin, les alternatives au cuir émergent. Une semble prometteuse : il s’agit du champignon, ou plutôt de l’appareil végétatif de ce dernier, le Mycélium. Hermès et Stella McCartney sont les deux premières marques à avoir collaboré avec des entreprises bio-industrielles étrangères (MycoWorks et Bolt Threads) pour sortir des pièces composées en partie de cette matière, un sac pour la première, et un ensemble, brassière-pantalon, pour la deuxième. Pour autant, ce n’est pas pour l’instant du 100 % champignon.

Made in France

Une seule entreprise le propose et elle est basée en France, en Occitanie. Il s’agit de Fungus Sapiens, fondée il y a cinq ans par Mariana Dominguez Peñalva, biodesigner d’origine mexicaine : «On a mis du temps, mais contrairement à d’autres alternatives au cuir, nos produits, réalisés à partir de Mycélium ne sont pas composites. Ils ne sont pas mixés à du polyuréthane ou des PLA (bioplastiques) biodégradables mais pas compostables (impossible de les détruire dans la nature).» Or, c’est exactement ce à quoi s’attache Fungus Sapiens, dont le but est de trouver des solutions à travers le vivant, les champignons et les micro-organismes (levures, moisissures, bactéries…), grâce à une bibliothèque de souche de 10.000 individus qui lui permet d’être totalement indépendante.

À écouter : le podcast de la rédaction

100 % organique

Les atouts du champignon  ? C’est un organisme qui pousse en épousant la forme qu’on lui donne, donc pas de problème de chute ou de déchet. Son temps de production est rapide puisqu’il met 15 à 30 jours pour avoir la forme souhaitée. Il est très résistant et étanche, nécessite peu d’eau pour son tannage. Il peut aussi pousser sur des déchets agricoles. Bref, le champignon est magique. Mais pourquoi n’est-il pas encore produit à grande échelle ? «Parce que c’est long d’identifier quel champignon pousse sur quel déchet, et quelles sont ses caractéristiques. Dans l’industrie, on a appris à faire vite des choses jetables, mais la nature fait l’inverse : elle fabrique des choses qui durent dans le temps», explique l’experte. Fungus Sapiens vient de s’associer à une grande école pour passer à l’échelle industrielle.

Source: Lire L’Article Complet