"Amadjar" de Tinariwen, les sessions du désert

Avec Tinariwen, les albums suivent le rythme des saisons, ou celui des tournées, qui emmènent ce collectif touareg unique régulièrement aux quatre coins du monde – le groupe part d’ailleurs à la mi-septembre pour une grande tournée nord-américaine. Chaque temps libre est occupé à jouer, pour soi ou pour les autres, les instruments traditionnels épousant les guitares électriques. L’histoire d’Amadjar, “l’étranger de passage” en langue tamasheq, trouve sa source dans le voyage, entre le Maroc et la Mauritanie, mais si les méthodes changent, le son de Tinariwen reste profond et envoûtant.

Ce neuvième album est aussi celui des invités : le chanteur et guitariste Cass McCombs sur ce morceau, Kel Tinawen, Rodolphe Burger sur un autre, le vieux complice de Nick Cave, Warren Ellis, encore sur un autre ou alors la voix de la chanteuse mauritanienne Noura Mint Seymali. Mais le coeur de Tinariwen reste cette caravane propulsée sur les routes pour enregistrer en plein désert, au gré des étapes.

Dans le désert nous sommes sûrs de nous, il faut créer le moral pour arriver à l’inspirationAlhousseini ag Abdoulahi, dit Abdallah

La musique de Tinariwen poursuit, aussi, toujours un but : porter les revendications touareg, alors que la sécurité chez eux, dans le Nord-Mali, n’est toujours pas assurée. Alors le groupe joue, et séduit artistes et foules autour du monde, adaptant son rythme de vie mais absolument pas sa conviction profonde : la musique est soluble dans le voyage.

Tinariwen, le désert comme une inspiration infinie–‘—-‘–

Tinariwen, Amadjar (ANTI-/[Pias]). Album disponible le 6 septembre. En tournée en France en octobre, le 23 au Casino de Paris.

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