Le festival hip-hop Révolution est reporté en raison de l’hostilité de riverains parisiens

Révolution, programmé le 22 septembre, suscitait l’inquiétude des riverains du stade Jean-Bouin, dans le XVIe arrondissement de Paris. Les organisateurs de ce festival de hip-hop, soucieux de “désamorcer la situation”, ont décidé de le reportér à l’été 2020.

Le TGI de Paris avait été saisi par une association de riverains, avec une décision initialement attendue le 18 septembre, soit quatre jours avant l’événement. Elle devait porter sur la mise en place de relevés d’éventuelles nuisances sonores pendant ce festival. L’association ne réclamait pas son annulation.

Des limitateurs de son à l’étude

“Cette assignation a créé un doute dans l’esprit du public et, en plus, on a reçu une lettre d’avocat représentant un autre riverain”, a précisé à l’AFP Abdallah Slaiman, cofondateur de Hiya!, organisateur d’évènements liés à la culture urbaine, comme ce festival.

“On pense maintenant à le reprogrammer en 2020, soit le 20-21 juin, soit le 11-12 juillet, ça nous laissera le temps de faire prendre des mesures sur d’éventuelles nuisances sonores, de mettre en place s’il le faut des limitateurs de son, et de désamorcer la situation avec les riverains”, poursuit-il.

Pour Me Jean-Marie Pouilhe, avocat de l’association des riverains à l’origine de l’assignation, “ça ne fait que reporter le problème”. “Il n’y aura rien le 22 septembre – alors que nous ne demandions pas l’annulation – mais ces manifestations auront lieu et Jean-Bouin sera bien utilisé pour des évènements culturels : les riverains formulent les réserves les plus expresses”, insiste l’avocat auprès de l’AFP.

“La réaction n’est pas la même face au Lac des cygnes”

Fabien Grobon, directeur général du Stade Français (club de rugby propriétaire et exploitant de Jean-Bouin) explique à l’AFP qu’étaient prévus au maximum “trois évènements” de ce type par saison, entre juillet et fin juin. “Mais ce n’est pas la même réaction (des riverains) quand c’est le Lac des cygnes – qu’on prévoit au mois de juillet – et ça pose d’autres questions”, développe Fabien Grobon. “Organiser un festival de musiques urbaines, c’est l’occasion de générer des revenus mais aussi d’attirer un public différent pour le sensibiliser au rugby”, souligne-t-il.

“Les gens de Hiya! ont une attitude hyper-positive pour les rencontres qu’ils organiseront avec les riverains et qui permettront une approche plus participative de l’évènement. Ce n’est que partie remise”, conclut-il.

Le festival proposait des concerts – IAM, Assassin, Kaaris, Kalash Criminel, Oxmo Puccino, Medine, Fianso, etc – ainsi que des fresques réalisées en temps réel par des graffeurs, des “battles” (concours) de danse ou encore des ateliers d’initiation au rugby, avec le Stade Français.

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