01/29/2023

Le raï, ce chant populaire algérien figure désormais au Patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco. « Nouvelle inscription sur la Liste du patrimoine immatériel : Le raï, chant populaire d’Algérie », a annoncé l’organisation sur son compte Twitter, ajoutant la mention : « félicitations! ».

Un chant sans tabou, ni censure

Moyen de véhiculer la réalité sociale sans tabou ni censure, le raï aborde des thèmes tels que l’amour, la liberté, le désespoir et la lutte contre les pressions sociales. Apparu dans les années 30, il était à l’origine pratiqué en milieu rural par des doyens qui chantaient des textes poétiques en arabe vernaculaire, accompagnés d’un orchestre traditionnel, selon l’Unesco. Au début du vingtième siècle, les prima donnas y ajoutent des idées transgressives, en chantant la liberté d’aimer et de désirer, tout en glorifiant dieu et les saints. Les musiciens fabriquent et décorent leurs propres instruments et la transmission se fait de manière informelle, par observation, ou formelle, par apprentissage.

De l’enfer à la lumière

 Durant la décennie noire (1992-2002), plusieurs chanteurs de raï ont été assassinés dont le plus célèbre d’entre-eux, Cheb Hasni, considéré comme le roi du « raï sentimental », tué à Oran en septembre 1994 à Oran par des islamistes armés. Au cours des années 2000, le raï a peu à peu disparu des grands plateaux de télévision et retrouvé son public confidentiel des débuts.

Il a été victime aussi de sorties de routes, comme la condamnation de Cheb Mami pour violences envers son ex-compagne, et de la montée en puissance des musiques urbaines (rap et Rythm’n’Blues). Le raï a été remis au goût du jour cet été par le succès phénoménal du dernier titre de la star planétaire franco-algérienne, DJ Snake, Disco Maghreb, du nom de l’emblématique maison de disques oranaise, à laquelle le titre de la chanson rend hommage.

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