Anna Roy (La Maison des maternelles) : exerce-t-elle toujours en tant que sage-femme ?

Chroniqueuse emblématique de La Maison des maternelles (du lundi au vendredi à 9 h 30 sur France 2) depuis septembre 2017, la sage-femme publie C’est ma grossesse (Ed. L’Iconoclaste), un ouvrage riche, rassurant et déculpabilisant pour les futures mamans.

À travers votre guide sur la maternité, C’est ma grossesse, cherchez-vous à transmettre une parole qui soit sans tabou, qui ne soit pas confisquée par les "experts" des plateaux télé ?

Anna Roy : C’est exactement ça. Ce que j’écris est très carré au niveau scientifique mais traduit également ce que je pense. C’est le fruit de mon expérience de terrain. Je connais par cœur ce dont je parle !

À quoi attribuez-vous votre popularité sur les réseaux sociaux (@_anna.roy_ sur Instagram) ? Est-ce justement parce que vous parlez le même langage que vos abonnés ?

Je pense que c’est parce que je suis sincère alors que beaucoup de gens dans les médias mentent ou jouent le jeu que l’on attend d’eux. Et je suis quelqu’un de brave et d’accessible ; ce qui s’avère parfois compliqué quand des personnes que je ne connais pas m’embrassent comme du bon pain ou pleurent dans mes bras. Ça m’étonne toujours car je ne mesure pas ce que je laisse transparaître.

Avez-vous l’impression de bénéficier d’une aussi grande liberté de ton sur le plateau de La Maison des maternelles?

Oui, c’est quelque chose qu’on doit à la rédactrice en chef, au producteur, mais surtout à Agathe Lecaron, qui me fait totalement confiance. Je n’ai jamais été bridée sur quoi que ce soit. Cette émission, c’est le monde des Bisounours car on a une vraie complicité en dehors de l’écran.

Pensez-vous que votre engagement a pu faire bouger les lignes sur certains sujets de société, notamment sur le manque d’effectifs des sages-femmes ?

Ce n’est pas à moi de le dire car ce serait avoir un orgueil particulièrement démesuré. Je suis en tout cas une lanceuse d’alerte parce que tout ce que j’ai annoncé s’est produit. Mais je ne me perçois pas pour autant comme une militante.

Pourquoi avez-vous choisi désormais de ne plus exercer à l’hôpital ?

J’évolue toujours en tant que sage-femme libérale, mais j’ai fait une pause à l’hôpital parce que les conditions de travail n’y étaient plus acceptables. Pour moi, c’est de la maltraitance institutionnelle. Par ailleurs, je suis maman de deux jeunes enfants et je ne peux pas être sur tous les fronts. Aujourd’hui, je gagne moins bien ma vie, mais je consacre plus de temps à mes patientes.

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