"Barbaque" de Fabrice Eboué, une bonne tranche de comédie pas très vegan

Un couple de bouchers tue des militants vegans pour les servir en jambon à leurs clients: la comédie Barbaque, en salles mercredi, ne manquera pas de faire parler, entre la poire et le dessert.

Réalisateur de Case Départ (2010), Le Crocodile du Botswanga (2012), et Coexister (2017), qui s’amusaient chacun des questions identitaires ou de religion, Fabrice Eboué, qui a grandi en Normandie dans une famille franco-camerounaise, s’attaque à nouveau à un sujet sensible.

Des tranches vegan qui enchantent la clientèle

Dans le film (1h32, interdit aux moins de 12 ans), Fabrice Eboué incarne Vincent, un boucher traditionnel qui peine à joindre le deux bouts. Jusqu’au jour où la boutique, qu’il tient avec son épouse Sophie (Marina Foïs), est attaquée par un commando de militants vegan, un mode de vie qui refuse strictement la consommation et l’exploitation des animaux.

Par accident, Vincent tue l’un d’entre-eux. Le corps, dont il ne sait que faire, finit dans la trancheuse à jambons. Des tranches de vegan goûteuses à souhait, que Sophie, pas au courant, va vendre pour le plus grand régal de la clientèle. C’est le point de départ d’une équipée criminelle déjantée au cours de laquelle le couple va chasser des dizaines de vegans, de festival écolo en restaurant végétarien.

Tout le monde en prend pour son grade

Ces derniers sont loin d’être les seuls à en prendre pour leur grade dans ce film qui s’attaque aussi, joyeusement et sans crainte du politiquement incorrect, aux dérives de la boucherie industrielle, au racisme ordinaire et à l’hystérisation du débat public.

Au-delà de l’alimentation, le film « parle du communautarisme de notre époque« , explique  le réalisateur de 44 ans, qui voit dans le discours de certains militants vegans un risque de « cancel culture, avec tout un pan de la gastronomie française qui risque de passer à la poubelle« . « Quelque part, ça touche au sacré« , ajoute Fabrice Eboué qui dit avoir été frappé, lors d’un barbecue, de voir un convive refuser de manger des champignons au prétexte qu’ils avaient touché un poulet – une anecdote qui a inspiré une scène du film.

« J’avais envie de traiter par le rire ces débats d’aujourd’hui qui ne font rien avancer du tout entre des vegans hystériques et des bouchers bourrus« . « Je ne suis pas vegan (et) mon objectif n’est pas de rassembler« , précise-t-il.

Pour conserver une liberté totale de ton, celui qui tient pour modèle indépassable la comédie culte de Benoît Poelvoorde C’est arrivé près de chez vous (1992) a choisi de prendre lui-même en charge le rôle principal. Parallèlement, il s’apprête à remonter sur les planches, où il a commencé, pour son prochain spectacle en janvier.

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