« Blood Machines » espère profiter de l'effet « Tenet »

  • Avec ses effets spéciaux impressionnants et son budget riquiqui « Blood Machines » étonne et divertit.
  • Cet hommage aux blockbusters des années 1980 s’inscrit dans la lignée de « Star Wars » et des films de Mario Bava.
  • Il sera projeté dans toute la France grâce au circuit de salles GCR.

Il n’y a pas que Tenet pour défendre les couleurs de la science-fiction dans les cinémas. Blood Machines de
Seth Ickerman, film français réalisé en toute indépendance, est distribué dans une cinquantaine de salles du
circuit CGR (73 salles dans toute la France) à partir de ce mardi, date qui correspond à leurs sorties évènementielles. Derrière ce pseudonyme se dissimule un duo de Français, Savitri Joly-Gonfard et Raphaël Hernandez, qui a créé à quatre mains ce trip futuriste sexy et visuellement impressionnant.

« Nous sommes très reconnaissants à Christopher Nolan, explique Raphaël Hernandez à 20 Minutes. La bande-annonce de Blood Machines passe avant Tenet et il nous offre, sans le savoir, une belle visibilité. » Les moyens lilliputiens de Seth Ickerman pour faire connaître son film n’ont rien à voir avec le marketing pharaonique de Tenet mais ils correspondent bien à l’esprit du binôme.

Financé par les fans

« Sortir en salle était inespéré ! Pourtant, on en rêvait car notre univers visuel et sonore prend toute sa dimension au cinéma », insiste Savitri Joly-Gonfard. Ce moyen-métrage de cinquante minutes, format peu courant, multiplie les effets spéciaux bluffants autour de deux ferrailleurs lancés en plein espace sur les traces d’une jeune femme très particulière. Seth Ickerman, créateur bicéphale, a consacré trois ans de sa vie à créer le film financé par les internautes du site participatif Kickstarter « On a senti un désir pour un cinéma différent dans un genre difficile à produire en France », précise Raphaël Hernandez. Blood Machines est projeté avec un passionnant « making of » qui révèle les ambitions et les secrets de fabrication des deux potes.

Deux vies en entre parathèses

La bande-son techno de Carpenter Brut pour lequel ils avaient déjà réalisé l’impressionnant clip Turbo Killer constitue une composante importante de ce festival de couleurs et de sensations. « On a voulu rendre hommage au cinéma des années 1980 avec lequel nous avons grandi, insiste Raphaël Hernandez. Faire un film qui soit à la fois populaire et artistique. » Epaulé par plusieurs firmes d’effets spéciaux françaises, le duo a réalisé un tour de force entre Star Wars et
Mario Bava avec un budget de misère. « Blood Machines n’a pu exister que parce que nous étions suffisamment passionnés pour mettre nos vies entre parathèse et tout donner », dit Savitri Joly-Gonfard

Malgré le Covid-19

Leur succès dans divers festivals internationaux et le soutien de la plate-forme américaine Shudder leur a permis de toucher un public plus large. « Le genre de films que nous faisons effraie les producteurs français », reconnaît Savitri Joly-Gonfard. Le duo ne compte pas sur Blood Machines pour s’enrichir, mais il nourrit l’espoir d’avoir plus d’argent pour la suite. « Je pense que le public qui s’intéresse au type de cinéma alternatif que nous faisons ira au cinéma malgré le Covid-19, » ajoute le réalisateur. D’abord prévu pour exploitation de quelques jours, Blood Machines reçoit déjà de nouvelles demandes de la part d’autres salles ce qui laisse augurer un joli succès.

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