« Calamity », héroïne du far-west et rebelle avant l’heure

  • Le réalisateur Rémi Chayé imagine l’enfance de Calamity Jane dans son film « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary ».
  • Ce film d’animation a reçu le Grand prix du dernier Festival d’Annecy.
  • On y découvre une jeune fille espiègle à laquelle tous les enfants adoreront s’identifier.

Une semaine après la vague du privé rétro incarnée par Lupin III, petit-fils japonais d’Arsène Lupin, c’est au tour de la future
Calamity Jane, héroïne de la conquête de l’Ouest dont l’enfance est ici portée à l’écran, d’abattre une carte qu’on espère gagnante dans les salles. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary a pour atout d’avoir remporté le Grand Prix du
Festival d’Annecy. Ce film français signé
Rémi Chayé est en outre très accessible (dès 7 ans) et assurément l’un des meilleurs films d’animation de l’année.

Le regard espiègle d’un parfait garçon manqué

Si l’on connaît la vie d’adulte de Calamity Jane, par ses récits et les nombreuses photos prises d’elle en tant que star des saloons, on ignore presque tout de l’enfance de la petite Martha Jane Cannary. « J’ai perçu le potentiel d’une telle histoire à l’issue d’un documentaire sur Arte, raconte Rémi Chayé. Elle avait dû remplacer son père blessé sur la route de l’Orégon et se mettre à faire des trucs de mec : monter à cheval, conduire un chariot, etc. » Et le réalisateur d’imaginer une pré-adolescente aussi dégourdie qu’insolente, plus nature que jolie, le regard espiègle barré par d’épais sourcils de parfait garçon manqué.

« Il n’a pas forcément été évident d’imposer aux investisseurs du film son gros pif, mais mes collègues féminines m’ont au contraire assuré que, vu son caractère et son physique une fois adulte, il aurait été ridicule de lui dessiner un nez en trompette. »

«Tête de bouse»

Du caractère, ça, la petite Martha Jane, elle en a. Il suffit de l’entendre répéter son quolibet préférée : « tête de bouse », lancée à tout adulte croyant pouvoir abuser sur elle d’un semblant d’autorité. La future Calamity Jane est insolente, certes, mais quand même assez charismatique. « Malgré son air buté, elle est généreuse, insiste Rémi Chayé. Et courageuse. »

Il faut la voir, victime d’une décision injuste, quitter sans l’ombre d’une hésitation sa famille de pionniers pour partir à la recherche de la vérité. Entre-temps, la toute jeune fille aura appris à contourner les obstacles de la vie et acquis sa liberté. « Je ne voulais surtout pas faire un western, prévient Rémi Chayé. Ou alors en prenant le contre pied des codes machistes du genre, avec l’idée de se faire justice soi-même avec des guns, la scène du duel et l’image de John Wayne qui donne des baffes à une jolie pépé. »

Un destin encore inédit à l’écran

Au delà de la qualité des images et du récit, le réalisateur de Tout en haut du monde mise sur la modernité d’une héroïne dont la vie n’a paradoxalement jamais été portée à l’écran. Au grand bonheur de Rémi Chayé, qui n’en revient toujours pas. « On s’est dit que c’était un peu bizarre que personne ne se soit emparé d’elle avant nous. Quand même : Calamity Jane, elle coche toutes les cases, elle est célèbre, elle est à la frontière des genres, elle a un caractère pas possible… Traiter de son enfance paraissait une évidence. On a appris entre temps que d’autres artistes planchaient dessus. » Mais Rémi Chayé, qui avait pris de l’avance, est le premier à pouvoir montrer le fruit de son travail.

(*) Pour en savoir plus sur Calamity Jane et la génèse du projet de film de Rémi Chayé, nous recommanderons la lecture de The Art of Calamity, art-book du film, richement illustré de documents de travail et rédigé par la journaliste cinéma de 20 Minutes, Caroline Vié (éd. Maybe Movies).

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