Comment « Objectif Top Chef » a intégré des amateurs à la compétition

Ils sont trois ce lundi à essayer de se qualifier pour la saison 5 d’Objectif Top Chef
sur M6. Un père de famille directeur d’usine, une voyageuse passionnée de cuisine étrangère, et une jeune femme dont le petit ami est le plus grand fan. Ce soir, ils vont tenter de convaincre
le chef Philippe Etchebest. Ils font partie de la première « promotion »
d’amateurs à participer à Objectif Top Chef, le concours qui permet depuis cinq ans à
des apprentis cuisiniers de se qualifier pour Top Chef et de se frotter à des cuisiniers expérimentés.

« La crème de la crème des amateurs »

Cette innovation est une idée de la production de l’émission, affirme Philippe Etchebest : « J’étais un peu sceptique. Mais la production m’a assuré qu’on allait les caster, choisir les meilleurs, la crème de la crème des amateurs. Effectivement, j’ai pu constater qu’il y avait du très haut niveau. » Un jour par semaine donc, le chef rencontrera trois ou quatre amateurs.

« Nous les avons testés culinairement », insiste Sybille de Brianson, directrice des programmes chez Studio 89, qui produit l’émission. « Ce qui compte, c’est la qualité de l’assiette. Même s’il a une super personnalité, un amateur qui n’est pas bon ne passe pas notre casting. »

28 candidats amateurs

Ce casting, plus de 1.000 candidats s’y sont essayés ; 28 ont obtenu une place dans la première manche de l’émission. Les règles sont sensiblement les mêmes que dans les autres saisons. Chaque candidat présente un plat de sa composition au chef, en présence de sa famille ou de ses proches s’il ou elle le souhaite. « Les candidats choisissent de qui ils veulent être accompagnés. Quand il y a des enfants, forcément, j’adapte mes remarques », note Philippe Etchebest. Chacun d’entre eux reçoit une note sur 5. Cinq étoiles signifie une qualification immédiate pour les « battles », les autres devront faire mieux pour se qualifier. Deux candidats s’opposent ensuite pendant les battles. Le ou la gagnante participera à la finale de la semaine, pour tenter de se qualifier pour la finale nationale.

« J’ai été très surpris par ces amateurs, avoue Philippe Etchebest. Ils n’ont pas la même approche qu’un apprenti, souvent plus formaté. Un amateur n’a pas de codes, pas de complexes, il y va à l’instinct. » Les candidats amateurs sont pour la plupart plus âgés que les apprentis, « entre 30 et 60 ans » selon Sybille de Brianson. « J’ai eu de vraies histoires », se souvient le chef cuisinier.

Compétition stimulante

La confrontation à ces cuisiniers amateurs plus libres dans leur approche est également « stimulante » pour les apprentis, estime le chef. « Objectif Top Chef reste une compétition. Les niveaux techniques sont supérieurs chez les apprentis, mais les amateurs compensent avec une réflexion différente. On apprend des deux. »

Dans cette saison 5, Philippe Etchebest a également tenu à mettre un peu plus en avant les producteurs locaux avec qui il travaille pour l’émission. « Ce sont des gens qui travaillent beaucoup mais gagnent peu. Notre rôle à nous c’est de les remettre sur le devant de la scène. Et ça, les candidats amateurs y sont très sensibles. »

« Le niveau monte à chaque fois »

Mais ces cuisiniers amateurs habitués à être seuls dans leur cuisine sont-ils en mesure de résister à la pression d’un concours culinaire ? « Les amateurs transpirent comme les autres pendant les épreuves, estime Sybille de Brianson. Mais ils tremblent moins en apparence, parce qu’ils sont souvent plus âgés. »

Alors que doit-on attendre de cette nouvelle saison ? « J’ai vu des trucs balèzes, insiste Philippe Etchebest. Le niveau monte à chaque fois. C’est lié à l’engouement du public pour les émissions de cuisine. Top Chef a suscité des vocations. » Cette saison 5 d’Objectif Top Chef reste d’ailleurs centrée sur sa raison d’être : faire intégrer une compétition de haut niveau à la personne qui remportera ce premier concours. « Notre but dans cette saison, c’est de les préparer encore mieux à Top Chef », affirme Etchebest. Le chef a notamment insisté sur le travail du dressage auprès des candidats. « Nous les avons aussi fait travailler en binôme. Les apprentis ont l’habitude de faire leur tâche spécifique en cuisine, les amateurs de bosser tous seuls dans leur cuisine. Il fallait qu’ils soient confrontés au travail en équipe avant Top Chef. » Comme tient à le rappeler le chef cuisinier et animateur télé, Objectif Top Chef est une « école permanente ».

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