Daniel Brühl joue avec son image de star pour « Next Door »

  • Une star internationale croise un voisin au troquet près de chez eux.
  • La discussion qui s’ensuit tourne au vinaigre.
  • Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, le comédien Daniel Brühl, vu notamment dans « Rush » évoque avec humour les aléas de la célébrité et la gentrification de Berlin.

« Non, ce personnager n’est pas moi, je le promets ! » jure Daniel Brühl alors qu’il se confie à 20 Minutes au sujet de Next Door, son premier film en tant que réalisateur. Le spectateur pourrait pourtant facilement céder à l’envie de comparer la vraie vie de l’acteur, star allemande repérée dans Good-Bye Lenin ! puis vu dans Inglorious Basterds, Rush et Captain American: Civil War, à celle du héros qu’il incarne dans cette comédie.

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En collaboration avec son coscénariste Daniel Kehlmann, Daniel Brülh organise la rencontre entre un comédien célèbre et Bruno, son voisin joué par Peter Kurth, qui le suit au troquet près de chez lui pour lui demander des comptes. « Je n’ai pas grand-chose à voir avec l’acteur que j’incarne, insiste Daniel Brühl, si ce n’est que nous faisons le même métier. J’espère ne pas avoir son côté arrogant et ne jamais provoquer un sentiment aussi haineux chez personne de mon entourage. »

Célébrité et gentrification

Pour autant, Daniel Brühl reconnaît volontiers avoir utilisé des détails de sa propre vie pour pimenter le scénario. « J’ai réellement cru qu’un couple qui m’a abordé dans la rue voulait un selfie avec moi alors que les deux souhaitaient juste que je les prenne en photo ensemble, se souvient-il. J’étais si mortifié que j’ai décidé d’utiliser cette anecdote dans Next Door. » Bien qu’il incarne le rôle principal de son film, Daniel Brühl ne se donne pas le beau rôle, loin de là. Il se moque aussi de sa carrière et notamment des films de super-héros auxquels il a participé. « J’espère la production Marvel ne le prendra pas mal et que cela la fera plutôt rigoler, » dit-il. L’acteur-réalisateur livre une étude amusante sur les aléas de la célébrité mais aussi une réflexion une réflexion sur la gentrification de Berlin.

La situation d’anciens Allemands de l’Est que la chute du Mur en 1989 a paupérisé constitue un thème passionnant de son récit. « Bruno en veut au comédien qui vit près de chez lui parce qu’il représente tout ce qu’il déteste et il profite donc de l’occasion qui lui est donnée de pourrir la vie de ce gars insupportable. » Leur joute oratoire féroce demeure toujours fort drôle sans tomber dans l’écueil du théâtre filmé. « Originaire de Cologne, je ne me sens toujours pas tout à fait chez moi à Berlin », avoue-t-il. Ce malaise transparaît dans ce film teinté d’une bonne dose d’humour noir prouvant qu’on peut être une star et ne pas se prendre au sérieux.

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