EXCLU. Pierre Ménès en "dépression" : il quitte Canal+ et règle ses comptes

Depuis la diffusion du documentaire de Marie Portolano, "Je suis une journaliste, je ne suis pas une salope", en mars dernier sur Canal+, il est accusé d’être celui qui a profité de son statut pour abuser de ses collègues féminines. Pierre Ménès livre sa vérité.

Où en est l’enquête interne de Canal+ sur les violences sexuelles?

Pierre Ménès : Je ne sais pas mais, indépendamment de ça, je quitte Canal+.

Vous quittez où on vous a demandé de partir?

J’ai voulu partir parce que ça fait quatre mois que je souffre énormément. Mon honneur a été sali. Je suis en dépression. Je ne me voyais pas retravailler avec des gens qui m’ont tourné le dos au pire moment. J’ai trop de fierté, je n’aurais pas pu.

Vous parlez d’Hervé Mathoux?

Entre autre. Lui, il était là pour faire le beau quand j’étais malade mais quand il a fallu sortir ses c… il n’y avait plus personne. Et le CFC, tel que je l’ai vécu cette année avec le flou autour de la Ligue 1, ne me donnait pas forcément envie de continuer.

Allez-vous entamer une procédure à l’encontre de Canal+?

Sûrement pas. J’ai trop de respect pour cette chaîne.

Qui sont ceux qui vous soutiennent le plus?

Ma compagne, ma mère, mes enfants, qui eux, aussi souffrent énormément. J’ai aussi reçu le soutien de mes vrais amis. Ceux qui m’ont le plus touché viennent de Laurent Paganelli et Pascal Praud.

Et à l’inverse?

Nathalie Ianneta a fait son pamphlet dans Le Monde. Elle me dédouane sans le faire vraiment. Je n’oublierai jamais le coup de fil qu’elle m’a passé quand je me suis retrouvé au coeur du réacteur. Elle m’a dit : ‘démissionne, c’est ce que tu as de mieux à faire’. C’est la chose qui m’a fait le plus mal.

Par quelles réflexions êtes-vous passé depuis ces derniers mois?

Je ne comprend pas qu’on me reproche des choses qui se sont passées il y a 10, 7 et 5 ans. Les vidéos des deux baisers à Isabelle Moreau et Francesca Antoniotti ont tourné en boucle à partir du 22 mars, le lendemain de la diffusion du documentaire de Marie Portolano. Je n’ai aucun regret pour le baiser fait à Isabelle parce que je n’ai senti aucune gêne de sa part. C’était potache. Francesca, c’est différent. Je ne suis pas fier. J’ai embrassé six personnes parmi lesquels quatre hommes, personne n’a porté plainte. Mes consoeurs n’ont jamais cessé de m’envoyer des sms très amicaux, bien après les faits qui me sont aujourd’hui reprochés. C’est pour ça que je ne comprends rien. J’ai subi sur les réseaux sociaux et dans les médias le même traitement que d’autres personnalités qui, elles, sont visées par des viols, des choses très graves. Moi, on parle de bisou sur la bouche et on m’attaque on bulldozer !?!

Marie Portolano vous reproche de lui avoir soulevé la jupe, mis une main aux fesses… Ce n’est pas ce qu’on appelle un geste amical. Si?

Je n’en ai aucun souvenir. Je ne dis pas que ça n’est pas arrivé, je dis que je ne m’en rappelle pas. Ca se serait passé le 26 août 2016. C’était ma dernière émission avant de partir pour sept mois de maladie. Depuis des semaines, j’enchaînais les encéphalopathies qui m’ont mis dans un état second : je faisais des épisodes de coma, je me montrais incohérent, je perdais la mémoire. Ce qui est dingue, c’est que Marie raconte que ça s’est passé sur une séance photo après une émission. Sur le plateau, il y avait le public, l’équipe technique, le photographe, des caméras partout mais il n’y a aucun témoin.

Où en est le litige qui vous oppose à Emmanuel Trumer, votre ancien assistant?

Mon avocat, Arash Derambarsh, a déposé quatre plaintes contre lui. Quant à celle que mon ancien assistant a déposée de son côté, elle a été classée sans suite au terme d’une année d’enquête. Son dossier était vide.

Pourquoi, dans ce cas, entamer une procédure contre vous?

Je ne peux pas répondre à cette question. C’est de la malveillance ou alors ça relève de compétence qui ne sont pas les miennes. Il n’y a pas un mec dans toute ma carrière pour qui j’en ai fait autant.

Dans les échanges de textos qu’il a publié, il apparait que vous l’appeliez souvent "pédé". Vous comprenez que ça puisse choquer?

Bien sûr que je comprends mais je me souviens de Denis Balbir commentant en direct un match OM-Leipzig sur W9, il y a trois ans. A la fin, croyant son micro coupé, il a traité les allemands de "pédés". Il a pris cher. A cette époque, j’avais échangé des messages avec mon assistant qui trouvait que ce que Denis Balbir subissait, était injuste et disproportionné. Après ce "surnom" est devenu un gimmick entre nous, en référence à cette histoire.

Reconnaissez-vous facilement vos torts?

Oui, quand j’ai merdé, je n’ai aucun problème à présenter des excuses.

Et, là, si vous deviez faire amende honorable, ce serait pour quoi?

Je suis quelqu’un de foncièrement gentil, d’affectueux, de tactile… Maintenant, j’ai compris qu’il fallait que je tempère ce genre de comportement qui est mal interprété, mal vu. Depuis quatre mois, je suis pétrifié.

Vous admettez qu’il y a un côté un peu beauf’ chez vous?

Oui, peut-être. Mais vous savez, on est toujours le beauf de quelqu’un finalement. J’ai été embauché à Canal+ pour mes compétences et ma personnalité. Je suis sans filtre avec les femmes comme avec les hommes parce que je mets tout le monde sur un pied d’égalité.

Où serez-vous à la rentrée?

Je vais lancer ma plateforme avec des vidéos, des textes, des notes, des pronostics, des analyses, des lives, Le Pierrot Face Cam…

De quoi avez-vous envie?

J’ai envie d’être libre, de passer à autre chose, d’oublier ces quatre mois horribles et douloureux. Je ne veux pas donner raison aux pourris qui ont cherché à me tuer. Je vais me reposer et leur montrer, à la rentrée, que Pierre est toujours là.

Qu’avez-vous pensé de la prestation des Bleus à l’Euro?

Je les ai trouvés très creux physiquement. Ils ont tout dit contre l’Allemagne. Je n’ai pas compris ce qu’a fait Didier Deschamps contre le Suisse avec son système à trois défenseurs, Lenglet qui n’avait pas joué pendant deux mois et qui se retrouve parachuté là, Pavard à l’agonie depuis le début du tournoi…

Karim Benzema c’était une bonne idée?

Je ne sais pas. On est sortis en 8ème de finale même s’il a mis quatre buts. Il a été rappelé trop tard. Griezman a pris ombrage de sa surpuissance sur le terrain et de sa sur-entente avec Mbappé. Tout ça n’a pas contribué à créer une cohésion de groupe. Mais la météo et les déplacements ont aussi été compliqués à gérer pour les joueurs. Je pense surtout qu’ils ont manqué de condition physique.

Source: Lire L’Article Complet