Festival de Cannes 2021 : le monde change mais OSS 117 reste fidèle à lui-même dans "Alerte rouge en Afrique noire"

Après Le Caire, Nid d’espions (2006) et Rio ne répond plus (2009), OSS 117 est de retour au cinéma après douze ans d’absence dans un troisième volet qui va conduire le célèbre agent secret français au coeur de l’Afrique noire. Jean Dujardin renfile le costume du pire espion du renseignement français Hubert Bonisseur de la Bath, en conservant la même faculté à débiter des propos racistes et sexistes dès que l’occasion se présente. 

Caricatures et clins d’oeil aux débats du moment

Dans Alerte rouge en Afrique noire, OSS 117 se voit confier une nouvelle mission confidentielle de la plus haute importance : aider un dirigeant africain à venir à bout d’une rébellion avant une élection présidentielle qu’il prévoit de “gagner démocratiquement à 84%”. Mais Hubert Bonisseur de la Bath, aussi macho et vaniteux, mesure bien vite le poids des années lorsque son supérieur lui demande de travailler main dans la main avec le jeune agent prometteur OSS 1001 (Pierre Niney). Ils vont tous les deux se retrouver dans des situations impossibles face à la “méchante” Zéphyrine (Fatou N’Diaye), leader des rebelles qui ne restera pas insensible au charme de 117.

Le réalisateur des deux premiers volets Michel Hazanavicius a cédé sa place à Nicolas Bedos, qu’on entendrait presque rire derrière sa caméra tant son film est un festival de vannes, à conjuguer au troisième degré. Sans s’écarter du registre de son prédecesseur et en gardant la même construction narrative, il s’attaque par la caricature au politiquement correct. “Je tiens à la liberté de l’humour”, a-t-il déclaré en marge de la présentation du film, pour justifier le catalogue de répliques ostensiblement racistes, misogynes ou homophobes proférées par le personnage incarné par Jean Dujardin. Les anachronismes et clins d’oeil aux débats du monde, comme le mouvement #MeToo ou la “cancel culture” sont subtilement introduits pour rappeler que cet opus s’inscrit délibérément comme un ovni dans notre époque.

Des répliques prêtes à devenir cultes

Les parodies de scènes de James Bond sont légion, avec bon nombre de scènes d’action et de cascades au programme, et le duo Dujardin-Niney fonctionne bien. L’agent 1001, joué par l’ex-pensionnaire de la Comédie-Française, se présente en métrosexuel hyperactif et tranche avec le cliché du mâle viril, franchouillard et rétrograde campé par l’acteur oscarisé. Certains répliques – comme “les Africains sont joyeux, sympathiques, et dansent bien” – pourraient bien devenir cultes sur les réseaux sociaux et auprès des nostalgiques d’un temps où les blagues les plus outrancières ne choquaient officiellement personne.

Sans vraiment se renouveller, ce troisième volet d’OSS 117 propose ni plus ni moins au public ce qu’il attend de lui. Le film sort le 4 août en salles. Les deux premiers épisodes avaient réuni plus de deux millions de spectateurs chacun. Les nombreux éclats de rire lors de la projection de ce troisième opus, samedi soir en cérémonie de clôture du 74e Festival de Cannes, lui promettent d’ores et déjà un bel été.

La fiche

Genre : comédie, aventure, espionnage
Réalisateur : Nicolas Bedos
Acteurs : Jean Dujardin, Pierre Niney, Fatou N’Diaye
Pays : France
Durée : 1h56
Sortie : 4 août 2021
Distributeur : Gaumont

Synopsis : 1981. Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, est de retour. Pour cette nouvelle mission, plus délicate, plus périlleuse et plus torride que jamais, il est contraint de faire équipe avec un jeune collègue, le prometteur OSS 1001.

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