Festival de Deauville : Loup-garou, zombies et apocalypse sur les Planches

  • Les Festivaliers ont eu leur comptant d’émotions fortes ce week-end.
  • Français, Coréens et Amérciains ont joué la carte du cinéma d’horreur et de SF.
  • Trois œuvres ont choisi le cinéma de genre pour évoquer l’état du monde.

Ce premier week-end du Festival du cinéma américain de Deauville a été placé sous le signe du cinéma de genre. Horreur et science-fiction se sont imposées.

Trois films de la sélection du Festival de Cannes, que Deauville accueille cette année, ont secoué les spectateurs pour des raisons bien différentes : Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma, Peninsula de Yeon Sang Ho et Last Words de Jonathan Nossiter ont fait réfléchir sur le monde actuel par le biais de divertissements à suspense.

Un loup-garou bien de chez nous

Notre gros coup de cœur revient à Teddy dans lequel
Anthony Bajon se métamorphose après avoir été mordu par un loup. « Nous avons voulu revisiter un classique du fantastique et le placer dans un village français typique » expliquent les frères Boukherma à qui on devait déjà l’excellent Willy 1er (2016). Ce jeune homme un brin paumé, qui gagne sa vie en faisant des massages dans un institut de beauté, se transforme en bête velue pour cette histoire bouleversante qui tient à la fois du
Loup-garou de Londres (1981) et du cinéma de
Bruno Dumont. « Comment aurais-je pu résister à un rôle pareil ? confie Anthony Bajon à 20 Minutes. C’est une occasion sans doute unique dans ma carrière ! » Avec son crâne rasé et son regard désarmant, il devient extrêmement inquiétant au fil de sa métamorphose. Teddy attaquera les salles le 13 janvier prochain.

Les zombies coréens ont toujours faim

C’était l’un des films les plus attendus du festival : Peninsula, suite du film de zombies coréen Dernier train pour Busan (2016) a fait trembler les festivaliers avec ses morts-vivants toujours plus rapides et affamés. Des survivants isolés se barricadent dans la péninsule coréenne isolée du monde tandis qu’un groupe de mercenaires débarque de Hong Kong dans l’espoir de récupérer une cargaison de billets de banques. Le réalisateur continue à envoyer des grappes de morts-vivants massacrer les humains en multipliant cette fois les poursuites automobiles. De quoi se demander si après le train et les voitures, il envisage un troisième opus en avion ! Efficace à souhait avec sa bande-son dynamique, Peninsula envahira les cinémas le 21 octobre 2020.

Apocalypse maintenant

Nettement moins gore, Last Words explique comment les rescapés d’une catastrophe écologique qui a dévasté la terre réinventent le cinéma pour essayer de laisser une trace ultime de leur existence. Si le film, présenté en compétition, manque de rythme, il fourmille d’idées généreuses. Comme Teddy et Peninsula, il parle avant tout de l’espèce humaine confrontée à sa fragilité. Charlotte Rampling, Nick Nolte et Stellan Skarsgård sont particulièrement bouleversants dans cette fable qui a de bonne chance de séduire le jury par son inventivité. Last Words, qui sortira le 21 octobre prochain, prouve que le cinéma américain ne se résume pas aux blockbusters. Ça fait du bien.

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