Françoise Arnoul, la "Nini" de "French Cancan" de Renoir, est morte

L’actrice Françoise Arnoul, vedette des années 1950 et étoile du célèbre French Cancan de Jean Renoir, est décédée mardi 20 juillet à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Elle s’est éteinte dans un hôpital parisien à la suite d’une longue maladie.

Née en juin 1931 à Constantine en Algérie où son père était général d’artillerie et sa mère comédienne, Françoise Arnoul, de son vrai nom Françoise Gautsch, rêvait au départ d’être danseuse. Mais ne put entrer à l’Opéra de Paris car elle avait dépassé l’âge limite. A 17 ans, elle suit des cours d’art dramatique et décroche son premier rôle dans L’Epave de Willy Rozier, un drame réaliste où elle incarne une danseuse. Étant mineure, elle est doublée pour une scène très déshabillée.

Un sex symbol des années 1950

Silhouette fine et regard envoûtant, elle est considérée comme un “sex symbol” des années 1950, avec des films comme Les Compagnes de la nuit, La Rage au corps, Secrets d’alcôve ou encore Le Fruit défendu face à Fernandel.

La célébrité lui vient dès son deuxième film, Nous irons à Paris de Jean Boyer (1950), comédie musicale pleine de gaieté avec l’orchestre de Ray Ventura et ses collégiens où elle chante l’espiègle “A la mi-août”En 1954, elle connaît la célébrité en incarnant Nini dans French Cancan de Jean Renoir et tournera par la suite cinq films avec Henri Verneuil. Outre Renoir, Verneuil et Decoin, elle tourne avec Roger Vadim (Sait-on jamais, 1957) ainsi que Pierre Kast (La morte saison des amours, 1960 et Vacances portugaises, 1962), Julien Duvivier (Le Diable et les dix commandements, 1962) ou Marcel Carné (Le pays d’où je viens, 1956).

Elle a pour partenaires Fernandel ou Jean Gabin, auquel elle voue “une tendresse infinie”. Le cinéma français en fait son ambassadrice, aux côtés de Gérard Philipe et Jean Marais, en envoyant une délégation en Californie.

A son mariage le 31 juillet 1956 avec le producteur Georges Cravenne, futur créateur des César du cinéma, Pierre Lazareff et Maurice Chevalier sont ses témoins. Le couple divorce huit ans plus tard. Elle est ensuite la compagne de Bernard Paul, cinéaste communiste engagé qui meurt d’un cancer en 1980. Pour lui, elle met sa carrière entre parenthèses. Il la fait tourner dans Dernière sortie avant Roissy (1976), film lucide sur le malaise des banlieues.

Proche de Simone Signoret et Yves Montand, elle s’engage dans les combats de l’époque, signe en 1971 le “manifeste des 343” pour la libéralisation de l’avortement et tourne avec Raul Ruiz Dialogues d’exilés (1974).

Délaissée par la Nouvelle Vague

Petit à petit, elle quitte le haut de l’affiche. Brigitte Bardot et sa sensualité décontractée l’ont supplantée, la Nouvelle Vague l’a délaissée et les années 1970-80 l’oublient. Elle tourne pour la télévision, fait quelques apparitions au théâtre. En 1997, sa prestation dans Post coïtum, animal triste de Brigitte Roüan est saluée par la critique.

“Je n’ai jamais été vraiment intéressée par ma carrière, je joue dans les films qui me plaisent avant tout”, justifiait-elle.

Les années passent mais elle garde son sourire lumineux : “Le temps qui passe n’est jamais du temps perdu car à chaque seconde il se passe quelque chose”. Elle voue toujours la même passion au cinéma, découvert lorsqu’elle était petite fille. Les festivals, du plus prestigieux comme Cannes, où elle préside en 1997 la Caméra d’or, aux plus modestes, accueillent volontiers celle qui disait rester “une spectatrice émerveillée”.

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