« Hon hon hon, l’omelette du fromage »… Retour sur une séquence culte

La séquence, isolée par un téléspectateur de BFM TV sur les réseaux sociaux, dépasse les dix millions de vues. « C’est quand même incroyable », s’émeut Maxime Switek.
Le journaliste de BFM TV, en duplex de Washington pour
l’annonce de l’élection de Joe Biden  à la présidence des Etats-Unis samedi, multiplie alors les interviews de passants. Quand surgit un « grand gaillard » torse nu. Après quelques questions banales, le témoin se met à « balancer tous les mots qu’il connaît en français » raconte le journaliste.

Avec son classique « hon hon hon » servant à imiter le rire pincé des Français puis la citation de spécialités culinaires telles que le croissant, les escargots et la fameuse « omelette du fromage » (référence au dessin animé Dexter’s Laboratory), Meka Anyanetu est devenu une star sous le nom de « Omelette du fromage Man », et a 
été interviewé  depuis par plusieurs médias américains.

Maxime Switek, à sa descente de l’avion qui le ramenait en France, est revenu pour 20 Minutes sur cet épisode inattendu et sur la couverture de l’événement par BFM TV.

Quelle est la vraie recette de « l’omelette du fromage » selon vous ?

Ha, je ne sais pas (rires). Mais j’ai compris qu’il avait fait exprès de faire une faute pour faire référence à un dessin animé, que je ne connaissais pas. En réalité, il parlait bien français.

Qu’est-ce qui s’est passé pour que cette séquence devienne culte ?

Aucune idée. Sur le moment, avec l’équipe, on s’est dit que c’était un moment drôle et sympa mais jamais on aurait pu imaginer que ça allait faire un buzz pareil. La séquence a été isolée par un téléspectateur français et partagée par des stars américaines. C’est dingo… Ce qui me plaît c’est que c’est un buzz pour un éclat de rire, ça fait du bien. On avait besoin de se marrer un grand coup.

Beaucoup d’observateurs craignaient des tensions entre supporteurs démocrates et républicains, on anticipait des images d’émeutes… Finalement, ce sont ces scènes de liesse de samedi qui vont rester.

Quand on est arrivé en début de semaine dernière, il y avait clairement des craintes que ça tourne mal. On a vu des barricades, des magasins qui protégeaient leurs vitrines… Et puis Washington était vide et fantomatique pendant toute la semaine, au-delà du calme habituel de cette ville. Mais dès l’annonce de la victoire de Biden, on a tout de suite senti qu’il n’y aurait que des démocrates dans les rues, il n’y avait aucun supporteur de Trump dans les parages. L’ambiance a été tout de suite hyper festive et détendue.

Comment avez-vous été reçu en tant que médias français ?

Très bien, franchement. Samedi, on a fait dix heures de direct, on a interviewé des dizaines de passants et on n’a essuyé aucun refus. Les Américains, ça les fait marrer d’être à la télé française, il n’y a aucune hostilité. Un policier est spontanément venu nous voir pour nous féliciter, nous les médias au sens large, pour le boulot qu’on avait fait sur cette élection.

La défaite de Trump est-elle vécue comme une revanche par les médias américains ?

Comme une ironie du sort, et étant donné le système très particulier de cette élection, ce sont les médias qui annoncent la victoire. Il y a sans doute eu un sentiment de revanche pour CNN, première grande chaîne à annoncer la victoire de Biden, alors qu’ils ont été violemment attaqués pendant quatre ans par Trump. Après, sur ces chaînes américaines, on a parfois entendu des choses qui dépassent le simple commentaire politique. C’est allé loin… C’est bien pour tout le monde qu’il y ait enfin un vainqueur à cette élection.

Pour vous aussi non ? Vous devez être fatigués…

On a bossé comme des malades. On n’avait pas prévu de rester aussi longtemps sur place mais il fallait aller jusqu’au bout de l’histoire et ne pas plier bagage. On a mis les moyens pour maintenir un dispositif hyper exigeant. On a fait 26 heures de direct… Mais ça valait le coup, les retours sont excellents.

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