Le Bazar de la charité : la série est-elle fidèle à l'histoire vraie ?

“Le Bazar de la charité”, dont TF1 diffuse ce soir les épisodes 5 et 6, s’inspire du terrible incendie qui a ébranlé Paris le 4 mai 1897. Le récit du drame et ses causes telles qu’elles sont présentées dans la série sont-ils fidèles à la réalité ?

Lancée le 18 novembre dernier sur TF1, la mini-série événement Le Bazar de la charité, réalisée par Alexandre Laurent, suit les aventures de trois femmes, Adrienne De Lenverpré (Audrey Fleurot), Alice De Jeansin (Camille Lou), et Rose Rivière (Julie de Bona), dont le destin est complètement bouleversé à la suite d’un terrible incendie. Une tragédie bien réelle, dont se sont inspirées les scénaristes Catherine Ramberg et Karine Spreuzkouski, qui a fait 132 morts le 4 mai 1897 à Paris. Et si les intrigues romanesques sont bien évidemment de la pure fiction, la série est-elle fidèle à l’histoire vraie de ce drame qui compte parmi les pires incendies que la capitale ait connu ?

Dans les deux épisodes diffusés ce soir sur la première chaîne, Alice, qui depuis le début est persuadée que Victor Mainville (Victor Meutelet) est innocent, découvre que l’incendie n’a rien de terroriste. En réalité, c’est à cause d’une maladresse du projectionniste en charge du cinématographe que le bâtiment s’est embrasé. Une explication qui colle à ce qui s’est réellement passé le 4 mai 1897, alors qu’une manifestation caritative au profit des déshérités est organisée au sein du Bazar de la charité, un édifice créé deux ans plus tôt par des membres de la haute société catholique. Pour la première fois, un cinématographe, qui n’est autre que l’ancêtre de nos projecteurs de cinéma, est installé ce jour-là dans une petite salle du Bazar afin de pouvoir faire profiter aux personnes présentes du premier film des frères Lumière. Mais vers 16h15, le drame se produit. La lampe de projection du cinématographe a épuisé sa réserve d’éther et, pour la remplir, le projectionniste demande à son assistant de l’éclairer. Ce dernier commet alors l’erreur d’allumer une allumette et les vapeurs d’éther s’enflamment.

Principalement constitué de bois, le Bazar de la charité s’embrase en quelques minutes. Selon le documentaire “La Tragique histoire de l’incendie du Bazar de la charité”, narré par Audrey Fleurot et proposé par la chaîne Histoire en parallèle de la diffusion de la série de TF1, l’édifice n’aura mis que 45 minutes avant d’être réduit en cendres. À cause de la matière hautement inflammable de leurs robes, les femmes sont les principales victimes de cette tragédie. On parle de 123 femmes retrouvées mortes contre seulement 9 hommes. Du fait du nombre impressionnant de femmes de la haute bourgeoisie ayant péri dans les flammes – dont la Duchesse d’Alençon, sœur cadette de Sissi l’Impératrice, morte héroïquement après avoir demandé à ses dames de compagnie de fuir le Bazar au plus vite (“Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière”) – ce terrible incendie connaît un fort retentissement au sein de la société. La presse diffuse les horreurs du bûcher et s’empresse de dénoncer la lâcheté des hommes, qui auraient bousculé et piétiné les femmes présentes pour sauver leur peau et sortir du bâtiment en feu.

À la suite de cet incendie dévastateur, les premières règles en matière de prévention contre le risque d’incendie dans les lieux publics verront le jour en France. Mais la population parisienne de l’époque restera longtemps marquée par cette tragédie relatée aujourd’hui avec un réalisme saisissant et anxiogène dans le premier épisode du Bazar de la charité, qui sera disponible le 26 décembre sur Netflix puisque la plateforme de streaming a cofinancé la série et bénéficiera des droits à l’international et en France une fois la diffusion terminée sur TF1.

La bande-annonce du Bazar de la charité :

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