"L'été Fukada" : voyagez au Japon avec les films de Kôji Fukada, au cinéma tout l'été

Le jeune réalisateur japonais Kôji Fukada, tout juste quarante ans, est mis à l’honneur cet été dans les salles de cinéma avec la projection d’une partie de sa filmographie. Son film en deux volets, sélectionné à Cannes en 2020, Suis-moi je te fuis, et Fuis-moi, je te suis, qui devait clore fin août cette “rétrospective” a finalement été reporté à une date qui n’est pas encore connue.

En attendant, les spectateurs peuvent découvrir au fil de l’été pas moins de cinq long-métrages, des inédits et des reprises : Hospitalité (2010), en salles depuis le 26 mai, Au revoir l’été (2013), à partir du 9 juin, L’infirmière (2019), à partir du 30 juin, Sayonara (2015), sortie le 14 juillet, et enfin, Le soupir des vagues, le 4 août.  

Cinq films dans les salles

Hospitalité est l’histoire d’une famille recomposée, un père, sa fille, sa nouvelle femme et sa sœur, vivent dans une maison au cœur d’un vieux quartier de Tokyo. La famille est bousculée par l’arrivée intempestive d’un homme qui se dit être le fils d’un vieil ami de la famille. Après avoir été embauché dans la petite imprimerie familiale, ce drôle d’oiseau s’immisce peu à peu dans leur vie…

Au-revoir l’été raconte le retour d’une femme dans son village natal. Mikie se met au vert pour avancer son travail, la traduction d’un roman indonésien. Elle est venue avec sa nièce, qui prépare son entrée à l’université. Cette escapade studieuse se transforme en romance pour les deux femmes.

L’infirmière est un thriller qui met en scène une femme, infirmière à domicile, au service d’une famille qui la considère comme un membre de la famille. Mais quand la fille cadette disparait, Ichiko est suspectée de complicité d’enlèvement et la famille s’interroge : qui est-elle vraiment ?

Sayônara nous propulse dans l’avenir, dans un Japon victime d’attaques terroristes visant ses centrales nucléaires. Pour éviter les irradaitions, sa population est évacuée vers les pays voisins, par ordre de priorité en fonction de critères raciaux. Dans une maison isolée en montagne, Tania, originaire d’Afrique du Sud, malade, attend son ordre d’évacuation, veillée par Leona, un androïde…

Le soupir des vagues nous emmène en Indonésie. Une jeune japonaise rejoint sa tante japonaise installée à Sumatra, ravagée dix ans plus tôt par le tsunami. Elle a perdu son père quand elle était enfant et elle est en quête de ses racines. En Indonésie, elle fait la connaissance de son cousin et de ses amis. Peu avant son arrivée, un homme mystérieux a été retrouvé sur la plage, surgi d’on ne sait où. Baptisé Laut (qui signifie “mer” en indonésien) il semble avoir des pouvoirs spéciaux.

Entre Ozu et Rohmer

“L’été Fukada” est une invitation au voyage dans le Japon contemporain, à travers l’univers singulier de ce jeune réalisateur, qui mêle différents registres, distillant dans la banalité du quotidien onirisme, science-fiction, loufoquerie ou suspense. C’est souvent l’arrivée d’un personnage étranger dans le scénario qui bouscule la routine et fait bouger les lignes, à l’instar du vieil ami envahissant dans Hospitalité, bienveillant dans Harmonium, ou du mystérieux étranger surgi des flots dans Le soupir des vagues. L’inflexion peut aussi être amorcée par un dépaysement, de la ville à la campagne, du Japon à l’étranger…

Parfois comparé à Rohmer, ce jeune réalisateur japonais propose un cinéma moderne et en filiation de ses aînés. La caméra est souvent fixe, les plans longs, plantés dans les décors intimes de la maison, ou dans la beauté des paysages. Comme Ozu dans les années 60, Fukada chronique la vie de son époque, esquisse les relations entre ses personnages, et leur place dans la société japonaise, avec ses évolutions, ses carcans toujours vifs. Koji Fukada installe le spectateur dans un rythme laissant des moments en suspens, des silences, propices à la contemplation, à la réflexion, ou à l’imagination.  

L’été Kôji Fukada, en collaboration avec l’association Hanabi et la maison de production Survivance

– “Hospitalité”, (1h 36min), comédie, avec Kenji Yamauchi, Kanji Furutachi, Kiki Sugino (26 mai 2021)  
– “Au revoir l’été”, (2h05), drame, avec Fumi Nikaidô, Mayu Tsuruta, Taiga (9 juin 2021)
– “L’infirmière”, (1h44) thriller, avec  Mariko Tsutsui, Mikako Ichikawa, Sosuke Ikematsu (30 juin 2021)
– “Sayonara”, (1h52) drame, avec Bryerly Long, Geminoid F, Hirofumi Arai (14 juillet 2021) 
– “Le Soupir des vagues”, (1h29), drame, avec  Dean Fujioka, Mayu Tsuruta, Taiga (4 août 2021)

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