« Mank », le film qui donne envie de retourner au cinéma

  • Herman J. Mankiewicz surnommé « Mank » était un scénariste génial et alcoolique.
  • Il a notamment travaillé sur « Citizen Kane » d’Orson Welles.
  • En décrivant son processus de création, David Fincher fait revivre le Holywood des années 1930.
  • Gary Oldman est époustouflant dans le rôle-titre.

Mank est un cri d’amour si vibrant au 7e Art qu’il rend nostalgique des salles de cinéma. Sur un scénario écrit par son père Frank, décédé en 2003, David Fincher rend hommage à Orson Welles avec cette fresque, avec laquelle il revient sur Netflix après y avoir créé la série
Mindhunter
.

La genèse d’un chef-d’œuvre

Il offre à Gary Oldman, acteur oscarisé pour Les Heures sombres, le rôle d’
Herman J. Mankiewicz (à ne pas confondre avec son frère, le réalisateur Joseph L. Mankiewicz). Scénariste génial mais alcoolique, Herman partagea l’Oscar du meilleur script avec Orson Welles pour Citizen Kane en 1942. 
David Fincher s’est passionné pour la genèse de ce chef-d’œuvre librement inspiré de la vie du magnat de la presse
William Randolph Hearst.

Citizen Kane, « c’était la première fois qu’un film traduisait une vision littéraire complexe de la vie humaine, du comportement humain, des besoins humains, de l’orgueil démesuré propre à l’être humain avec autant d’élégance », estime le réalisateur dans le dossier de presse.

Voyage au pays du cinéma

David Fincher a souhaité faire revivre le Hollywood des années 1930 tel quel que l’a connu Herman Mankiewicz, surnommé Mank par ses amis et ses détracteurs. Des personnalités marquantes comme l’actrice Marion Davies (Amanda Seyfried) ou les producteurs Louis B. Mayer (Arliss Howard) et Irving Thalberg (Ferdinad Kingsley) reviennent d’entre les morts.

Cette époque révolue, filmée dans un somptueux noir et blanc, retrouve son éclat dans ce film que le réalisateur a mis treize ans à financer. David Fincher a choisi d’insister sur les sources d’inspiration de Mank, plongeant le spectateur dans les coulisses de l’usine à rêves et le monde du show-business, dont il décrit aussi ses rapports avec le monde de la politique.

A fond la forme

Non content de reprendre la structure en forme de puzzle de Citizen Kane, David Fincher a aussi décidé de rendre hommage aux plus célèbres prises de vues du film d’Orson Welles. Il multiplie les cadrages où chaque objet est net à l’image, à l’avant comme à l’arrière-plan, une technique révolutionnaire au début des années 1940. Il pousse même le perfectionnisme jusqu’à récréer les « cigarettes burns », marques de cigarettes placées en haut à droite de l’écran afin d’avertir le projectionniste des changements de bobines.

Ce clin d’œil discret fait chaud au cœur des puristes du 7e Art en leur rappelant les plaisirs éprouvés au cinéma. Rarement un film de plateforme n’a à ce point donné envie de retourner en salle !

Source: Lire L’Article Complet