Many Saints of Newark, Une Histoire des Soprano : Un prequel fidèle à la série culte mais inaccompli, notre critique

Le prequel des Soprano, The Many Saints of Newark, attendu dès aujourd’hui dans les cinémas français vaut-il le coup d’œil ? Voici notre notre critique.

L’histoire de la télévision a été marquée en 1999 par l’arrivée sur HBO de la série Les Soprano. Considéré depuis comme un monument du petit-écran, le show créé par David Chase a non seulement révolutionné l’univers de la télé mais également offert une galerie de personnages ambivalents. Une appréhension travaillée qui est venue bousculer les codes de la saga mafieuse, autrefois défendus exclusivement par le cinéma, mais qui a également filmé une épopée passionnante dans laquelle The Many Saints of Newark, le prequel réalisé par Alan Taylor (Thor : Le Monde des Ténèbres, Game of Thrones) va nous replonger à partir de ce mercredi 3 novembre.

Le film se déroule avant les événements de la série portée par le regretté James Gandolfini pour se concentrer sur le personnage d’Alessandro Nivola alias Dickie Moltisanti. L’ombre de ce mafieux a longtemps flotté sur la série sans que les téléspectateurs de l’époque ne puissent mettre un visage sur le père de Christopher Moltisanti et l’oncle de Tony Soprano. Dans le long-métrage, on le retrouve en 1967 alors qu’il n’est qu’un soldat du clan DiMeo. Le film va par la suite montrer son ascension au sein de la mafia du New Jersey sur fond de guerre des gangs et de lutte raciale. Un sujet fort et actuel qui est une nouvelle fois le reflet de la société, comme l’était la série originale au moment de sa diffusion entre 1999 et 2007.

Le film se veut être un hommage à l’univers des Soprano et l’assume totalement. Il multiplie d’ailleurs les clins d’œil aux événements marquants de la série créée par David Chase ainsi qu’à ses personnages. Un élément qui devrait séduire les fans de la première heure, d’autant plus que le showrunner initial s’est occupé du scénario. On retrouve donc la patte et le charme du show que ce soit à travers ses figures emblématiques, ses dialogues mais aussi sa thématique. Comme le show avant lui, le film questionne la moralité de ses héros. Cette profondeur est omniprésente dans l’univers des Soprano, d’abord chez un Tony au bord de la crise de nerfs puis chez Dickie qui malgré une brutalité extrême n’a qu’un souhait : faire une bonne action.

Pourtant, le rôle de Dickie Moltisanti sera moins prenant que ce que pouvait l’être Tony Soprano. La faute au format cinématographique ? Peut-être. A travers six saisons, Les Soprano a en effet su offrir une caractérisation poussée de son personnage principal mais aussi des personnages secondaires. La prestation d’Alessandro Nivola n’en reste pas moins passionnante tout comme celle de Michael Gandolfini qui reprendra dans le film le rôle culte de son père. Difficile de passer après cette figure emblématique du divertissement et pourtant l’acteur américain est empli d’une justesse attachante. Si on aurait aimé que Tony soit davantage exploité, son rôle dans l’histoire offrira finalement une appréhension encore plus poussée du Parrain culte du petit-écran.

Tony ne sera pas le seul protagoniste à graviter autour de Dickie, le prequel étant l’occasion de retrouver plusieurs personnages emblématiques de la série mais aussi de découvrir de nouvelles figures de la mafia. On saluera notamment la prestation de Ray Liotta, dont la présence n’aura de cesse de faire écho à son rôle emblématique dans Les Affranchis, celle de Vera Farmiga qui a eu la lourde tâche de succéder à Nancy Marchand dans le rôle de la névrosée Livia ou encore Leslie Odom Jr. dans celui d’Harold McBrayer. Pour finir, comment évoquer l’univers des Soprano sans parler de la mise en scène léchée et de l’importance de la musique ? On se souviendra notamment d’une scène d’émeute puissante et immersive mais aussi de l’attention apportée aux décors et aux costumes.

Ceci étant dit, et bien que The Many Saints of Newark possède une intention louable de faire basculer l’univers des Soprano du côté du cinéma tout en rendant hommage à la série, force est de constater que le film d’Alan Taylor se contente souvent de capitaliser sur les codes du show et ses personnages plutôt que d’offrir de véritables enjeux scénaristiques. Le film fera finalement appel à notre nostalgie de spectateur plutôt qu’à son désir de filmer une épopée digne de la série. De ce constat, il en ressortira une sensation d’inachevé qui malgré plusieurs intentions peinera à nous convaincre par moment. En même temps, le défi était colossal. Se frotter à l’univers des Soprano n’est pas une chose aisée. Dans une autre actualité, découvrez notre critique des Eternels, le blockbuster Marvel tant attendu, disponible à partir du 3 novembre dans les salles obscures françaises.

  • L’hommage rendu à la série des Soprano
  • L’interprétation des acteurs principaux et secondaires
  • La mise en scène, les décors et les costumes
  • La sensation d’inachevé 
  • Le manque de surprise et de nouveauté
  • Dickie Moltisanti est moins marquant que Tony Soprano

Conclusion





The Many Saints of Newark, le prequel cinématographique des Soprano est attendu dès aujourd’hui dans les salles obscures françaises. Il se concentrera sur Dickie Moltisanti et son ascension au sein de la mafia du New Jersey. Si son histoire nous permettra de nous replonger dans l’univers singulier de la série culte, force est de constater que le film en oublie sa propre unicité pour simplement offrir un festival de références et de clins d’œil – certes nostalgiques – qui peineront toutefois à nous convaincre. 

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