« Mulan » ne sabre pas les classiques du cinéma chinois

  • « Mulan », inspiré d’une légende chinoise du VIIe siècle, est connue du grand public pour le dessin animé sorti en 1998.
  • Cette version en prises de vues réelles se veut plus proche de la réalité.
  • La réalisatrice Niki Caro a souhaité rendre hommage aux traditions chinoises avec ce film qui évoque de grands maîtres du cinéma asiatique.

Après avoir renoncé à sa sortie en salle pour cause de Covid-19,
Mulan de
Niki Caro débarque sur Disney+ avec son sabre et son tempérament de guerrière. Cette fresque visuellement impressionnante s’inspire librement du film d’animation de 1998 réalisé par Barry Cook et Tony Bancroft. Mais cette relecture en prises de vues réelles évoque surtout la légende originale, celle d’une fille de bonne famille qui se fit passer pour un garçon afin de prendre les armes et de défendre l’honneur de son clan.

https://www.instagram.com/p/CEhdI0JneLx/

A post shared by Mulan (@mulan)

Plus de chansons mémorables, de criquet craquant et de dragon malicieux dans cette nouvelle version, mais un souffle épique grâce à une pléiade de grands acteurs et à de fort belles scènes d’action. Autour de Liu Yifie, vue dans Le Royaume interdit de Rob Minkoff, on reconnaît des stars du cinéma chinois comme
Jet Li,
Donnie Yen et
Gong Li.

« Pour défendre ses valeurs, Mulan est obligée de cacher qui elle est vraiment, confie la réalisatrice à 20 Minutes. Elle est un exemple de femme déterminée qui a su bafouer les traditions au risque de sa vie. » Il n’est pas difficile de s’identifier à Mulan, une héroïne intrépide qui offre une belle initiation au cinéma d’arts martiaux chinois dont il rappelle les classiques.

Une légende modernisée

Créée au VIIe siècle, la légende de Mulan a traversé les siècles. « Notre but est de faire connaître cette histoire riche en valeurs positives au jeune public du monde entier en poursuivant la tradition des conteurs d’autrefois », précise Niki Caro. Son film plonge au cœur des traditions chinoises évoquant l’œuvre de King Hu, cinéaste qui a donné ses lettres de noblesse au
wu xia pan (film de sabre chinois) avec des fresques telle A Touch of Zen (1971).

Des combats virtuoses

Qui dit wu xia pan s’attend à ce que les participants ne cueillent pas des fraises mais se tapent dessus avec autant de grâce que d’ardeur. « Nous avons fait appel à des cascadeurs venus de Mongolie, de Nouvelle-Zélande, du Kazakhstan et d’Australie pour les affrontements », explique la réalisatrice. On pense à des œuvres comme Hero (2002) ou Le Secret des poignards volants (2003) de
Zhang Yimou devant ce déferlement de combats virtuoses.

Une pointe de romantisme

Pour être guerrière, on n’en est pas moins femme. Mulan sent se nouer des liens amicaux voire plus car affinités avec l’un de ses camarades, Hong Hui (joué par le nouveau venu Yoson An). On repense alors à la romance toute en délicatesse qui unissait les héros de Tigre et Dragon d’
Ang Lee. « Nous voulions que le film soit épique mais aussi bourré d’émotions. Mulan est une femme forte mais elle peut être sensible. Elle n’a rien d’une superhéroïne », précise Niki Caro.

Aux frontières du fantastique

Les guerriers de Mulan défient constamment les lois de la physique avec leurs envolées et leurs mouvements aux chorégraphies aériennes. « L’idée était de rendre honneur à la légende en restituant le côté magique », dit Niki Caro. Il était une fois en Chine (1991) de 
Tsui Hark offre un émerveillement similaire. « Mulan existe dans le cœur des enfants chinois depuis des siècles. J’espère que cette nouvelle version lui fera honneur », précise Niki Caro. Son film donne bel et bien envie de redécouvrir les classiques des films de sabres chinois.

Source: Lire L’Article Complet