Stéphane Bern : "Les paysans sont les aristocrates de la terre”

Saviez-vous que le fin connaisseur des dynasties avait passé son enfance à la ferme ? Retour aux sources avec sa nouvelle émission, La Ferme préférée des Français, à voir sur France 3, mercredi 3 mars à 21 h 05.

Votre émission, La Ferme préférée des Français, est-elle encore un programme pour mettre en avant le patrimoine ?

STÉPHANE BERN : C’est surtout une façon de valoriser le monde agricole. Moi qui habite à la campagne (dans le Perche, ndlr.) et qui parle souvent avec des agriculteurs, je me rends compte que les citadins ont perdu leurs racines agricoles. Et ont une vision totalement déformée du monde paysan. C’est ce qui provoque ce qu’on nomme «l’agribashing» qui stigmatise les gens de la terre, soupçonnés de tous les maux, d’être des empoisonneurs, des pollueurs… Ce sont tout de même des hommes et des femmes qui sont payés une misère pour nourrir tout un pays, alors chapeau bas !

Rapprocher le monde paysan d’une société plus citadine, c’est une véritable émission politique !

Oui, c’est politique si on considère qu’on essaie toujours de donner du sens dans toutes les émissions que l’on fait avec France Télévisions. Le service public doit aussi servir à réconcilier les gens.

Tout de même, Stéphane Bern, chantre des sagas dynastiques, qui chausse ses bottes de ferme, cela va en surprendre plus d’un !

Mais ça ne devrait pas, car je considère que les paysans aussi ont leur sang bleu. Ce sont les aristocrates de la terre. Et pour ne rien vous cacher, j’ai toujours la nostalgie de mes vacances d’enfance passées dans une ferme, en Lorraine.

En voilà un scoop !

Eh oui ! C’était dans les années 70, chez les parents de ma nounou Bernadette. Je menais les vaches au pré et je conduisais le tracteur, ce dont rêvent tous les garçons. Il y aura toujours de ma part une attirance vers le monde agricole.

Justement, comment voyez-vous aujourd’hui le monde agricole de demain ?

Aujourd’hui, nous vivons une vraie révolution dans nos campagnes et il faut l’accompagner. C’est la révolution par le respect de l’environnement, comment assurer une transition écologique en douceur, lutter contre l’appauvrissement des sols. Regardez-nous, à présent, on veut connaître l’origine des produits. Nous sommes devenus des «consommacteurs», et d’une certaine manière, les défenseurs d’une nouvelle forme d’agriculture, plus responsables.

Vous-même, dans votre château du Perche, seriez-vous un peu agriculteur à vos heures perdues ?

Mais oui, j’ai des poules dont je consomme les œufs ainsi qu’un verger et un potager ouverts au public.

Quels types d’exploitations seront représentés dans votre émission ?

Ce qu’on a essayé de mettre en avant, ce sont des fermes modèles, un côté idéalisé qu’on me reprochera peut-être, mais je l’assume. On veut montrer une agriculture raisonnée, des élevages non intensifs, des productions biologiques selon les principes de la permaculture. La télévision ne doit pas montrer que les mauvais élèves mais aussi des modèles exemplaires car ils existent et peuvent inspirer de nouvelles générations.

En parlant de télévision, une émission comme L’amour est dans le pré sert-elle à vos yeux la cause agricole ?

Tout ce qui permet de parler en bien du monde agricole me semble louable. Sans connaître l’émission de M6 sur le bout des doigts, je n’ai pas le sentiment qu’elle ait jamais dégradé ou moqué les paysans qui ont le droit, comme tout le monde, de tomber amoureux !

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