« The Card Counter » bat les cartes de la vengeance

  • Un vétéran d’Irak tente d’oublier son passé en devenant joueur professionnel.
  • Il est rattrapé par le fils d’un ancien camarade de combat.
  • Entre prison militaire et casino, Paul Schrader entraîne Oscar Isaac, Tye Sheridan et Willem Dafoe dans un suspense intense.

Paul Schrader plonge dans le monde du poker mais pas que. The Card Counter, découvert à
Venise et à
Deauvillle prouve que le cinéaste de 75 ans, scénariste de Taxi Driver, n’a rien perdu de son mordant. « En général, mes films parlent d’un type, seul dans une pièce, qui porte un masque – et ce masque désigne sa profession. Il peut s’agir d’un chauffeur de taxi, d’un dealer, d’un gigolo, d’un pasteur, et je confronte ce personnage à un obstacle majeur, personnel ou social », confie-t-il dans le dossier de presse.

Le héros de ce nouveau film est un joueur professionnel incarné par Oscar Isaac, tentant d’oublier les actes atroces qu’il a commis à Abou Grahib mais est rattrapé par son passé et le fils d’un ancien camarade de combat joué par
Tye Sheridan. Guerre, vengeance, poker et rédemption font de ce film très dur et riche en suspense.

A la guerre comme sur les tapis verts

La reconstitution des scènes dans la prison militaire prison témoigne de la maestria d’un cinéaste virtuose. Paul Schrader donne au spectateur l’impression de suivre les héros dans les décors sinistres comme dans une séquence filmée en réalité virtuelle. La caméra subjective, qui adopte le point de vue du soldat, apporte un côté très anxiogène à ces passages renforcé par une performance brillante de Willem Dafoe en officier sadique. Les actes de torture se déroulant entre ces murs sont d’autant plus traumatisants qu’on ne fait que les apercevoir ce qui laisse une grande place à l’imagination.

La lutte entre le joueur mutique et le gamin ivre de haine fait monter la tension. Le vétéran d’Irak devenu ennemi d’une violence qu’il a trop pratiquée tente de dissuader le jeune homme de faire parler les armes. L’atmosphère mortifère des casions où se déroulant les compétitions de poker. La force du film est de rendre aussi palpitantes les séquences de violence et celle de jeu de cartes en ne laissant aucun répit au public. Une mise en scène et une écriture taillées au cordeau font de The Card Counter une œuvre majeure soulignant les dommages collatéraux des conflits et interrogeant sur des notions aussi passionnantes que la responsabilité et la culpabilité.

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