The Handmaid's Tale saison 4 : Episode 9, la torture continue pour June, notre verdict

L’épisode 9 de la saison 4 de The Handmaid’s Tale est dispo sur OCS, et comme toujours on vous en propose notre verdict.

La saison 4 de The Handmaid’s Tale est bientôt terminée sur OCS mais avant de découvrir le dernier épisode, on se penche sur “Progress” et les nombreuses surprises qu’il nous a réservées. Attention aux spoilers dans ce qui va suivre. L’épisode 9 fait revenir Nick, comme on pouvait s’y attendre, mais pas seulement puisque Janine retrouve aussi un visage familier au Red Centre : celui d’Esther, anciennement Mrs Keyes. Après avoir été déchue de son statut de “femme” pour avoir aidé June et provoqué pas mal de problèmes, la jeune Esther se retrouve sous les ordres de Tante Lydia et des autres, formée pour devenir une handmaid.

On aurait évidemment aimé qu’un destin plus sympathique attende son personnage, mais le retour de Mckenna Grace permet encore une fois d’être témoin de son talent incroyable et on espère la voir bientôt dans des rôles plus joyeux. Au Red Centre les choses ne changent pas, entre anciennes règles et nouveaux traumas, on se demande si Janine et les autres arriveront un jour à pouvoir vivre normalement même si Gilead finit par se faire écraser. Au Canada il en va de même pour June, toujours rongée par la culpabilité d’avoir laissé Hannah derrière elle. C’est ainsi l’occasion pour la série de mettre June en contact avec des Commander de Gilead, comme Joseph Lawrence que June s’obstine à qualifier “d’homme bon” juste parce qu’il a eu, à de rares occasions, un comportement au minimum de la décence. De quoi montrer qu’à Gilead (et ailleurs…), la barre est basse, très basse.

Dans le même registre, les retrouvailles entre June et Nick ressemblent à une scène tirée d’un conte de fées et, aussi heureux qu’on soit de voir June heureuse, on tient quand même à rappeler que Nick reste un Commander de Gilead. Ce qui signifie qu’il contribue volontairement à la torture et la séquestration de milliers de femmes, au kidnapping de centaines d’enfants et à un système tyrannique qui traite les femmes comme des machines reproductrice. Certes son aide concernant Hannah est bien gentille, mais Nick n’est pas une solution, il fait partie du problème. Le voir remettre son alliance après avoir quitté June sous-entend par ailleurs qu’il est donc marié et que lui aussi a possiblement une handmaid chez lui, qu’il viole régulièrement pour la mettre enceinte.

C’est ce genre de scène qui fait toute l’ambiguïté de The Handmaid’s Tale et qui pose la question de savoir de quel côté la série se trouve réellement. Est-ce vraiment sur les femmes et leurs histoires qu’on est concentrés, ou sur la façon de mettre en lumière une poignée d’hommes décents qui ont l’air de véritables anges à côté des tortures que font infliger le reste des hommes de la série ? Les tortures diverses subies par les héroïnes peuvent poser problème quand on ne comprend plus quel en est l’objectif, si ce n’est de heurter les personnages. L’épisode 9 a encore donné un exemple parfait avec, dans les dernières minutes, la révélation sur Fred Waterford.

Tuello et le gouvernement américain sont-ils si désespérés qu’ils acceptent sans problème de laver tous les crimes d’un homme terrible en échange de ses informations ? Fred Waterford n’aurait-il pas pu écoper au moins d’une petite peine de prison symbolique qu’il n’aurait pas pu refuser vu sa situation ? Le fait que Fred reprenne le pouvoir sur June, sur Moira et sur toutes les survivantes qui ont miraculeusement pu sortir de Gilead est clairement dérangeant parce qu’une fois encore, on a l’impression que les scénaristes tiennent plus à torturer June qu’à être 100% cohérents.

Certes The Handmaid’s Tale n’est pas une série heureuse, mais permettre à un violeur de retrouver sa liberté alors que June vient de témoigner ressemble plus à une tactique pour en rajouter une couche sur June et choquer les fans qu’à un réel twist scénaristique. A-t-on vraiment besoin de voir ce genre d’intrigue douloureusement réelle dans un monde où les violeurs marchent libres et en toute impunité tous les jours, et où les femmes ayant le courage de témoigner sont sans arrêt remises en question, doutées, ignorées ? Non, sans doute pas, et encore moins quand, narrativement parlant, il aurait été clairement possible et justifié d’emprisonner Fred, au moins pour quelques temps.

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